jump to navigation

Importer d’Iran pour ne pas dépendre de Moscou septembre 15, 2007

Posted by starbucker in Géopolitique, Iran, Russie.
trackback

Le projet de gazoduc sous l’Adriatique promu par le groupe suisse EGL est de nature à renverser la donne géopolitique.

«Le gazoduc sous l’Adriatique devrait être achevé en 2010. Il aura une capacité de transport de 10 à 20 milliards de mètres cubes de gaz par an.» Responsable de la communication du groupe énergétique suisse EGL, Lilly Frei décrit ce vaste projet de construction du Trans Adriatic Pipeline qui permettra l’importation de gaz iranien. L’infrastructure de près de 1 milliard de francs doit relier sous la mer Adriatique la région de Thessalonique en Grèce à Brindisi en Italie du Sud en passant par l’Albanie. Elle servira à importer le gaz iranien en vertu de l’accord conclu avec la National Iranian Gas Export Company (Nigec). Du champ gazier iranien à la Grèce, le gaz importé devrait utiliser les gazoducs déjà existants passant par la Turquie.

La société de trading EGL se positionne déjà en vue de la libéralisation du marché de l’énergie. Mais le contrat avec Nigec aura aussi une autre vertu: il alimentera les quatre centrales à gaz que EGL construit en Italie. La première, à Sparanise, à 35 kilomètres au nord de Naples, est déjà opérationnelle. Une seconde sera installée à Ferrara, une autre à Salerno et une dernière en Calabre. Les quatre centrales auront une puissance de 2000 mégawatts au total. EGL va utiliser le gaz importé restant en Roumanie et mettre le reste à disposition sur le marché de l’énergie. Le projet du Trans Adriatic Pipeline ouvre un quatrième corridor énergétique pour l’Europe. Une perspective considérable au vu de l’actuelle forte dépendance européenne au gaz russe. L’Italie, qui est menacée par une grave pénurie énergétique à terme, fait tout pour assurer les besoins de son économie. Rome encourage la réalisation du gazoduc à travers l’Adriatique, mais ne renonce pas non plus à un projet de gazoduc russe traversant l’ex-Yougoslavie.

Directeur général du secteur Europe occidentale au sein du Ministère iranien des affaires étrangères, Mostafa Dolatyar pense que le projet de gazoduc et le contrat conclu entre EGL et Nigec représentent une situation de gains mutuels pour la Suisse et l’Iran: «Ce type de coopération permet de stabiliser le marché de l’énergie et de diversifier les fournisseurs de gaz. Ne se fier qu’à un seul fournisseur est très risqué.»

Lilly Frei ne cache pas que le projet de EGL constitue une petite contribution aux intérêts nationaux de la Suisse. Il permet à Berne de diversifier l’approvisionnement en gaz de la Suisse. Ce n’est donc pas un hasard si EGL est en contact permanent avec plusieurs services de l’administration fédérale et bénéficie d’un soutien diplomatique si nécessaire. Une épée de Damoclès est toutefois suspendue au-dessus du projet: la pression américaine pour appliquer des sanctions renforcées à l’Iran. Lilly Frei ne s’en formalise pas: EGL, qui n’entend pas exploiter le gaz en Iran, a étudié la question avec des avocats: «Notre contrat n’entre pas dans le cadre des sanctions.» Il n’est donc pas soumis à l’Iran and Libyan Sanction Act (ISLA) qui, selon les Américains, interdit aux sociétés étrangères d’investir plus de 20 millions de francs dans la République islamique.

Source Le.Temps.ch

Publicités

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :