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EXTRACTION D’URANIUM AU NIGER. Des perspectives prometteuses septembre 13, 2007

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La salle de conférence de la commu-nauté urbaine de Tahoua a servi de cadre, le 28 août dernier, à une conférence sur le thème «le Niger et le marché de l’uranium ». Animée par le président du PNDS Tarayya, Mahamadou Issoufou, in-génieur des mines et ancien directeur de la Somaïr dans les années 1980, cette conférence dont le but est d’apporter un éclairage sur les potentialités uranifères du Niger à travers une analyse complète des contours de la question, intervient dans un contexte marqué par le renché-rissement du prix de l’uranium.

L’uranium est un métal gris/blanc dé-couvert en 1789 qui possède des pro-priétés radioactives. Il se présente sous trois formes (uranium 234 ; 235 et 238) à des proportions constantes dans la nature à savoir 0,054% pour l’uranium 234 ; 0,71% pour le 235 et 99,2% et pour le 238.

«Ce minerais», a dit le conférencier, «dont le marché est en pleine expansion offre des perspectives prometteuses pour les pays producteurs comme le Niger qui dispose d’importantes réserves estimées à 400.000 tonnes dont 200.000 tonnes sur le seul site d’Imouraren. D’ailleurs, un programme de relance de la production au Niger prévoit, entre 2010 et 2012, l’augmentation de la capacité de production de 4.000 à 5.000 tonnes pour la stabiliser à 10.000 tonnes après 2012 », a souligné M. Issoufou. « Cela mettra le Niger en bonne place dans le cercle des producteurs d’uranium. La production actuelle du Niger est de 3.500 tonnes par an».

Le coût du kilogramme d’uranium qui est de 121.000 F en Août 2007, sur le marché mondial, est fonction du coût des autres sources d’énergie concurrentes (eau, pétrole, charbon…). Jusqu’à une date récente, alors que tous les contrats à moyen terme est de 80.000F, celui du Niger est signé à 27.300F le kilo. Mais ce prix à été relevé à 40.000F, ce qui reste toujours dérisoire compte tenu du court officiel.

L’uranium est utilisé, le plus souvent, à des fins militaires pour la fabrication des bombes mais surtout à des fins civiles pour la production d’électricité. C’est d’ailleurs l’utilisation la plus importante et elle représente la source d’énergie électrique la plus compétitive : Avec 1 gramme d’uranium on peut produire 230.000 Kwh soit l’équivalent de la production de 145 barils de pétrole, a an noncé le conférencier. La consommation militaire n’influence pas le marché ; il est surtout influencé par la consommation civile.

En 2006, la demande en uranium est de 67.000 tonnes pour alimenter les 440 réacteurs nucléaires installés de par le monde dont la capacité totale est de 369.000 Mgwh. « La demande en uranium naturel est fonction de la consommation de ces réacteurs là », a t- il indiqué.

L’offre, quant à elle, a ajouté le con-férencier, est estimée à 42.000 tonnes. Le gap entre l’offre et la demande est couvert par les stocks des années 1980 faits à des fins militaires (donc de l’uranium enrichi à 92%). Alors il faut le diluer pour le ramener à des proportions convenables de 3%. Or, la fin de ce stock est prévue vers 2015.

Les réserves dans le monde, elles, sont estimées à 14.798.000 tonnes dont 3.287.000 tonnes de réserves sures ; 1.446.000 tonnes de réserves supposées ; 2.519.000 tonnes de réserves probables et 7.536.000 tonnes de réserves spéculatives, a indiqué le conférencier.

Source Le Républicain-Niger

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Niger – Manifestation en faveur du départ du groupe Areva septembre 9, 2007

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Un millier de personnes ont manifesté à Niamey samedi pour exiger le départ du Niger du groupe nucléaire français Areva, à l’appel du Mouvement citoyen pour la république, principal groupement de la société civile, qui accuse le groupe de financer la rébellion dirigée par des touaregs dans le nord du pays, ont rapporté des témoins.

Depuis février, au moins 45 soldats ont trouvé la mort et 36 autres ont été faits prisonniers par le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), qui a pour bastion la région d’Agadez, l’une des provinces uranifères la plus riche au monde, où Areva est resté le seul groupe exploitant le minerai depuis une quarantaine d’années.

Le MNJ réclame plus d’autonomie à la région mais les autorités ont refusé de le reconnaître, assimilant le groupe à des bandits armés.

Les autorités ont également accusé AREVA de financer le MNJ, après la découverte de virements bancaires effectués à des soldats touaregs qui ont par la suite déserté, et depuis juillet, elles ont déclaré le directeur local du groupe Areva, Dominique Pin, persona non grata.

« Nous demandons au président Mamadou Tandja et au gouvernement le départ pur et simple d’Areva ainsi que la nationalisation de ses filiales, la compagnie minière d’Akouta Cominak et la société des mines de l’Aïr, Somair, cela en guise de représailles (…). Aucun sacrifice n’est de trop pour la sauvegarde de l’unité nationale et de l’intégrité du territoire » a dit Nouhou Arzika, président du Mouvement citoyen pour la république.

Le groupement a également exprimé son attachement à la paix et à la stabilité, rejetant tout recours aux armes pour des revendications sociales.

RELÈVEMENT DU PRIX DU KILO D’URANIUM

« Nous demandons à nos frères égarés (le MNJ) de déposer les armés, de libérér les otages et de venir inscrire leurs actions dans le cadre démocratique » a poursuivi Nouhou Arzika.

Le député opposant Sanoussi Jackou a qualifié Areva de « société exploiteuse. »

« Areva est une société exploiteuse. Nous ne pouvons plus accepter que notre uranium ne nous serve pas. Qu’elle se dise que le Niger de 2007 n’est pas celui des années 46. Le Niger a changé » a-t-il dit.

Le gouvernement a octroyé ces dernières années près d’une centaine de permis d’exploration à des sociétés étrangères, la plupart dans la filière uranifère, brisant de fait le monopole d’Areva. Le MNJ, lui, a réclamé le départ de toutes ces sociétés, excepté Areva.

Début août, le gouvernement a négocié et obtenu avec Areva le relèvement à 40.000 francs CFA du prix au kilogramme d’uranium pour 2007, contre 27.300 en 2006.

Il a aussi obtenu 300 tonnes d’uranium pour une vente sur le marché spot, ainsi qu’une avance sur dividendes de 15 milliards de francs CFA pour cette année.

En outre, il a annoncé l’ouverture prochaine de discussions avec Areva pour le contrat 2008, 2009 et 2010.

En 36 ans de production, SOMAIR et COMINAK ont réalisé des chiffres d’affaires globaux de 2.260 milliards francs CFA. Sur ce montant, le Niger n’a pu engranger que des recettes de 293 milliards francs CFA, toutes taxes confondues.

En 2007, le Niger va tirer 29 milliards francs CFA de recettes, grâce au relèvement du prix, contre environ 14 milliards francs CFA en 2006 et une moyenne de huit milliards les autres dernières années.

Source Reuters

Le président nigérien rencontre le président Afrique et moyen-orient du groupe Areva septembre 5, 2007

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Le président nigérien Mamadou Tandja a rencontré mardi à Niamey le président Afrique et moyen- orient du groupe Areva, Zephirin Diabre.

Devant la presse, M. Diabre a déclaré qu’il était venu dans le cadre du renforcement des liens de coopération entre le Niger et son groupe.

« Cette visite intervient au moment ou les relations entre le Niger et Areva traversent depuis un certain temps, quelques difficultés. Pour cela, il est important de rencontrer le chef de l’Etat pour requérir ses conseils sur les voies et moyens de rétablir la confiance », a-t-il indiqué.

M. Diabre a par ailleurs déclaré que cette visite était aussi une occasion de mettre pièce à certaines accusations non fondées et injustifiées qui sont portées sur son groupe par rapport à la situation d’insécurité qui prévaut dans le nord du Niger.

« Le Niger nous est très cher à la fois pour les raisons de développement des activités minières que pour son développement économique et social », a-t-il souligné.

Areva exploite depuis des décennies à travers la somair et la cominak, les mines d’uranium dans la région d’Agadez.

Source Xinhua

Le Niger a vendu pour la première fois de l’uranium en direct août 29, 2007

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Le Niger a pour la première fois vendu directement de l’uranium sur le marché, soit 300 tonnes à l’américain Exelon pour au moins 20 milliards de francs CFA (41,71 millions de dollars).

Cette vente, annoncée par le ministre des Mines Mohamed Abdoulahi à la télévision lundi soir tard, est la conséquence d’un accord conclu avec le français Areva le mois dernier.

Le groupe nucléaire, dont les relations avec l’Etat nigérien se sont tendues, a accepté de donner au Niger 300 tonnes en 2007 à vendre sur le marché libre.

Abdoulahi a précisé que les 100 premières tonnes seraient transférées à Exelon fin 2007 et le reste début 2008.

Areva exploite les deux mines d’uranium du pays, situées dans le nord saharien. Elle en exportait jusqu’à présent la totalité de la production en rémunérant l’Etat nigérien par un prix fixé à la tonne.

Or, le monopole d’Areva a été contesté par le gouvernement nigérien qui a accusé le groupe français de soutenir la rébellion touarègue dans le nord du pays en incitant des soldats de l’armée régulière à rejoindre la rébellion moyennant finances, ce qu’Areva a nié.

Ce conflit s’est traduit par l’expulsion le mois dernier du patron d’Areva dans le pays, le Français Dominique Pin et par la renégociation du contrat d’Areva. La redevance payée au Niger est passée de 27.300 francs CFA par kilogramme à 40.000 francs CFA, avec effet rétroactif au début 2007.

Selon le gouvernement nigérien, Areva a aussi accepté de verser une avance de 15 milliards de francs CFA à valoir sur de futurs dividendes, outre les 300 tonnes d’uranium à vendre sur le marché à son propre profit.

Par ailleurs, le gouvernement nigérien continue d’accorder des licences de prospection à des compagnies minières étrangères.

Le Niger a produit quelque 3.500 tonnes de concentré d’uranium (yellow cake) en 2006.

Source Reuters

Le Niger autorise neuf groupes étrangers à prospecter son sol août 18, 2007

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Le Niger a annoncé vendredi avoir délivré 29 contrats de prospection de gisements d’uranium et deux licences pour des gisements d’or à neuf groupes étrangers.

Cette décision porte à 89 le nombre de licences délivrées par le président Mamadou Tandja, qui cherche à diversifier les acteurs présents dans un secteur jusqu’à présent largemement dominé par le groupe nucléaire français Areva .

Dans un communiqué, le gouvernement précise que des entreprises d’Afrique du Sud, d’Australie, du Canada et de Russie, ont été retenues, et ce malgré les inquiétudes persistentes suscitées par la présence de rebelles touaregs dans le nord du pays.

Le groupe anglo-américain Caracal Gold Burkina a remporté les deux licences d’exploration de gisements d’or situés dans la région orientale de Tillaberi.

Ces contrats devraient entraîner un investissement de 87,7 millions de dollars dans l’économie du pays, ainsi que la création de 620 nouveaux emplois.

Ces accords sont valables pour une durée de trois ans et renouvelables pour deux autres périodes de trois ans.

En cas de découverte de gisements, le gouvernement s’assurera une participation de 40% dans la coentreprise chargée d’exploiter le site.

Source Reuters

A qui profite l’uranium nigérien ? août 17, 2007

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D’un côté, des discours sur l’aide au développement, de l’autre le pillage des matières premières

Le groupe français Areva vient de renouveler ses contrats miniers avec le Niger. Avec effet rétroactif au 1er janvier, Areva enlèvera ou achètera cette année dans ce pays plus de 3 000 tonnes d’uranium métal à 40 000 FCFA (61 euros) le kilo contre 27 300 (42 euros) à ce jour, soit une augmentation de l’ordre de 50 %.

Pourtant, ce prix est à peine le tiers de celui pratiqué aujourd’hui sur le marché spot (126 000 FCFA, soit 192 euros). Malgré les dénégations officielles des groupes miniers, le prix spot reste la référence confidentielle pour les contrats à cinq ou dix ans. De plus, le cours de l’uranium n’est pas près de s’effondrer, puisque la demande à l’échelle mondiale peut être estimée à 80 000 tonnes pour une production effective de 46 700.

A la lumière de ce nouveau contrat, deux questions se posent. La première ressort des rapports entre le groupe français et les autorités nigériennes. Alors que, depuis des décennies, les prix sont renégociés chaque année en octobre, pourquoi Areva conclut cette année une convention à la fin juillet en acceptant une rémunération en hausse de 50 % ? La seconde se rapporte, plus généralement, à l’ordre économique mondial. Comment expliquer que l’ONU définisse en 2000, avec solennité, les objectifs du millénaire en matière de développement pour réduire la pauvreté de 50 % d’ici à 2015, et que les matières premières indispensables à la consommation des puissants soient extorquées à bas prix à des pays qu’elle-même classe parmi les plus  » pauvres  » ?

On peut avancer quelques éléments de réponse à la première question. Si Areva s’est assuré, dès septembre 2004, le riche gisement d’Imouraren (nord) (4 000 tonnes par an en 2012), les permis de recherche d’uranium, accordés par le Niger en 2006 et avril 2007, ont remis en cause son monopole traditionnel. Ces deux dernières années, Areva a acquis quatre des trente-huit permis répartis sur quinze sites. L’ouverture s’est faite notamment vers l’Afrique du Sud, l’Australie, le Canada et la Chine. La volonté des autorités nigériennes de diversifier leurs partenaires a poussé Areva à se montrer plus à l’écoute des revendications du Niger en matière de prix.

A cela s’ajoutent les récents déboires de ses représentants sur place, un ancien attaché de défense à l’ambassade de France au Niger et un ancien diplomate fraîchement reconvertis, tous deux expulsés en avril et en juillet car soupçonnés d’intelligence avec le Mouvement nigérien pour la justice (MNJ), expression d’une rébellion touareg réanimée en février.

Si la crise politique en germe entre la France et le Niger semble dépassée au regard de la visite à Niamey du nouveau secrétaire d’Etat français à la coopération, Jean-Marie Bockel, la seconde question continue de se poser avec une cruelle acuité pour le peuple nigérien. Selon les critères de l’indice de développement humain, retenus par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Niger occupe la dernière position dans le classement de l’ensemble des pays du monde. Cette place est largement due au très fort taux d’analphabétisme (89 %), plus sensible encore chez les femmes.

Pourtant, l’uranium du Niger est enlevé par les groupes miniers, dont le français Areva en premier lieu, au tiers du cours mondial, et l’énergie nucléaire est la parade choisie par les puissances industrielles pour limiter le réchauffement de la planète et préserver l’équilibre des écosystèmes.

Sauvegarder la planète en maintenant dans la misère la majorité de la population qui vit dans ses espaces recélant l’indispensable source d’énergie ? Cette extravagante conduite politique du monde alimente à peine la mauvaise conscience des instances internationales. A l’ONU et dans d’autres enceintes, il est de bon ton de ressasser, non sans condescendance, l’impérieuse nécessité d’accroître l’aide publique au développement quand la théorie du pillage des matières premières n’est pas aussi morte qu’on le croit – à l’image de ce qui se passe au Niger.

Les objectifs du millénaire, la nouvelle ligne Maginot de la bonne conscience universelle, ne font plus que nourrir des colloques et des fonctionnaires internationaux, peu attentifs à la réalité des rapports de force qui scellent le contenu des contrats et conventions signés par des groupes miniers au Niger, en Afrique ou ailleurs dans le monde.

Guy Labertit

Conseiller Afrique de la Fondation Jean-Jaurès

 

Source Le Monde

L’affaire Areva août 9, 2007

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Une compagnie française accusée d’entretenir la rébellion. Pour garder le contrôle de l’exploitation de l’uranium.

Le Niger qui passe pour être un des pays les plus pauvres d’Afrique, et donc du monde, est en proie depuis le mois de février à une rébellion régionaliste touarègue menée par le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ). Le MNJ se présente comme le défenseur de la cause des nomades touaregs, qui seraient persécutés par les gouvernements  » sudistes  » qui se succèdent à Niamey.

Ce qui est loin d’être partagé par le gouvernement du président Mamadou Tandja.  » Certains actes, comme la pose des mines par ces groupes armés, n’ont en réalité rien d’une stratégie défensive, mais s’inscrivent plutôt dans la logique de leurs commanditaires visant à empêcher les recherches et l’exploitation de nos ressources minières « , s’insurge le président Tandja qui se trouve être un ancien colonel de l’armée nigérienne.

Mamadou Tandja parle de  » conspiration  » et accuse les rebelles du MNJ d’être instrumentalisés par des mains étrangères.  » l’ Etat ne cédera ni aux pressions, ni au chantage, encore moins aux agissements de quelques citoyens hors la loi et objets de manipulations évidentes « , lâche le président nigérien.

Qui donc serait derrière les rebelles du MNJ pour faire chanter ou faire pression sur l’Etat nigérien ? A mots couverts, les autorités de Niamey accusent la Libye voisine. Le pays de Mouammar Kadhafi est accusé de vouloir mettre la main sur les richesses minières dont regorge le sous-sol nigérien. Le ministre libyen des Affaires étrangères n’a-t-il pas récemment fait parvenir à son homologue de Niamey, une lettre à travers laquelle la Libye revendique une vaste partie du Nord-est nigérien, couvrant près de 30 000 km2 et riche en uranium, et dit-on, en pétrole ? Beaucoup plus ouvertement encore, le gouvernement nigérien accuse la compagnie française Areva de soutenir la rébellion du MNJ. Le ministre nigérien chargé de l’Intérieur a même signé le 25 juillet, un arrêté expulsant du pays, Dominique Pin, directeur général de Areva – ancien n°2 de l’ambassade de France à Abidjan au début de la crise ivoirienne en septembre 2002 – . Cette expulsion arrivait d’ailleurs après celle de Gérard Denamur, l’expert en sécurité de Areva au Niger, et la suspension sur le territoire nigérien de la diffusion de Radio France Internationale, accusée de couverture partiale des événements du Nord du Niger.

Chasse gardée

Le groupe français Areva, n°1 mondial du nucléaire civil exploite l’uranium depuis 40 ans au Niger, 3e producteur mondial de ce minerai. Une exploitation qui défie toutes les règles du marché. Areva, deuxième employeur au Niger, juste après l’Etat, achète au Niger le kilogramme d’uranium à 27 300 Fcfa, largement en dessous des prix du marché international qui se situent à 122 000 Fcfa le kilogramme. Ce véritable marché de dupes remonte à « l’indépendance » octroyée au Niger par la France. Les accords de défense passés par la France en 1961 avec un certain nombre de pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Niger et la Côte-d’Ivoire, prévoient en effet que l’ancienne puissance coloniale garantit aux régimes de ces pays, la sécurité et la stabilité, en échange, ces pays réservent à la primauté sur leurs ressources minières dont elles ne peuvent disposer librement qu’autant que la France n’en a pas besoin. L’uranium nigérien qui fait les bonnes affaires de la France est une survivance de ce pacte colonial qui concernerait aussi les gros gisements de pétrole dont regorgerait le sous-sol nigérien, au vu des documents cartographiques de compagnies pétrolières occidentales.

Sauf que l’exemple de la résistance ivoirienne commence à faire tâche d’huile dans la sous – région et le Niger qui n’a pas, depuis 40 ans, tiré grand profit de l’exploitation d’un minerais aussi précieux, pense sérieusement à s’émanciper de l’oppressante tutelle de la France sur ses ressources minières.  » Comme tout Etat souverain, le notre entend exercer son droit légitime et inaliénable à disposer de ses propres ressources et à les mettre en valeur avec les partenaires intéressés « , explique le président Mamadou Tandja. Profitant de la récente remontée des cours de l’uranium, qui s’étaient effondrées dans les années 80, et surtout de la décision de la Chine de développer le nucléaire civil, le Niger a choisi de diversifier l’exploitation de son uranium. Les autorités de Niamey ont par conséquent délivré plusieurs permis de recherche et d’exploitation d’uranium à des compagnies chinoises et canadiennes. Mettant ainsi de fait fin à la chasse gardée de la France. Ce qui n’est pas du tout du goût des Français. Les Français auraient-ils alors suscité avec Areva, la rébellion du MNJ pour faire pression sur le gouvernement nigérien, dans l’espoir de conserver leur monopole ? Le Niger l’affirme pratiquement.

Négociations

L’affaire est pour le moins embarrassante pour la France. Elle est de nature à confirmer les accusations généralement dirigées contre la France, qui susciterait des rébellions en Afrique francophone, partout où la préservation de ses intérêts l’exige. Maintenant que l’affaire est publique, la France ne sait plus comment garder la haute main sur l’exploitation de l’uranium nigérien. Or, elle a énormément besoin de cet uranium, comme du centrafricain, pour continuer à produire l’énergie qui lui permet d’éclairer les villes françaises. L’affaire est donc hautement délicate et stratégique.

Le président français Nicolas Sarkozy qui pérorait pendant la campagne présidentielle française que la France n’a pas besoin de l’Afrique, est très vite rattrapé par la réalité qui n’a jamais échappé à ses prédécesseurs. Et, on peut comprendre qu’il ait choisi de calmer le jeu et de faire profil bas. Il vient de dépêcher à Niamey son ministre de la Coopération, Jean-Marie Bockel, pour discuter avec les autorités nigériennes.

Au terme de cette visite, le groupe Areva s’est engagé à relever le prix du kilogramme d’uranium qui passera jusqu’au 31 décembre 2007, de 27 300 à 40 000 Fcfa, avec effet rétroactif au 1er janvier 2007. Areva paiera en outre un acompte de 15 milliards de Fcfa à l’Etat nigérien, sur les dividendes qu’il attend et lui livrera 300 tonnes d’uranium que l’Etat nigérien se chargera de vendre directement sur le marché international. Mais, on le voit, cette offre française est encore loin des standards du marché. Areva et la France vont devoir se remuer face à la libre concurrence.

 

Source All Africa

Areva versera au Niger 22,9 millions d’euros août 6, 2007

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Le groupe français Areva versera au Niger, où il exploite deux mines d’uranium, un acompte de 15 milliards de francs CFA (22,9 millions d’euros) sur des versements de dividendes, a annoncé dimanche soir le gouvernement nigérien.

« Areva a accepté de nous payer une avance sur dividendes qui se monte à 15 milliards de francs CFA », a déclaré la ministre des Affaires étrangères Aichatou Mindaoudou.

Les dividendes seront versés par deux filiales d’Areva au Niger, dans lesquelles Niamey a des participations.

Areva a été accusé par le gouvernement nigérien de soutenir la rébellion touareg dans le nord du pays, région qui recèle parmi les plus importants gisements d’uranium au monde, ce que dément le groupe nucléaire.

Areva a signé la semaine dernière avec le Niger une convention annuelle sur les prix, portant le prix qu’il paye par kilo d’uranium à 40.000 francs CFA (60,50 euros) contre 27.300 l’an passé. L’accord est rétroactif au 1er janvier.

Mindaoudou a précisé que cet accord n’était valide que pour l’année 2007 et qu’il était entendu qu’au 31 décembre 2007 des négociations seraient ouvertes pour réviser les prix.

Elle a ajouté qu’Areva avait aussi accepté de livrer en 2007 au Niger 300 tonnes d’uranium qu’il lui reviendra de vendre directement sur le marché international.

Le Niger, qui a produit l’an dernier quelque 3.500 tonnes d’uranium, ne recevait jusqu’ici qu’une participation au bénéfices, calculée sur des cours inférieurs à ceux du marché.

Areva est le principal actionnaire de deux mines de la région d’Agadès, dans le nord du pays, et le secteur nucléaire français a dépendu pendant plusieurs décennies de l’uranium de son ancienne colonie.

POLITIQUE DE DIVERSIFICATION

Le gouvernement nigérien a désormais accordé une soixantaine de nouveaux permis d’exploration d’uranium à des entreprises étrangères, notamment chinoises, canadiennes, britanniques et indiennes, et il doit en accorder 120 autres, principalement pour la prospection.

« Le président Tandja m’a demandé de faire savoir à Areva qu’en exerçant sa souveraineté, le Niger est déterminé à poursuivre sa politique de diversification de ses partenaires », a déclaré Mindaoudou. « Cela signifie, vous le comprendrez, que le monopole dont a joui ce groupe dans notre pays est rompu. »

Certains responsables gouvernementaux ont accusé Areva, dans lequel le gouvernement français détient une participation majoritaire, d’avoir contribué au financement de la rébellion du Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) en réaction à la perspective d’avoir désormais des concurrents dans la région.

Les rebelles ont de leur côté accusé la société chinoise Sino-U, qui prospecte l’uranium dans la région, d’avoir aidé le gouvernement à acheter des armes et ils ont brièvement enlevé l’un de ses dirigeants, le mois dernier.

Areva, qui emploie au Niger quelque 1.800 personnes, essentiellement nigériennes, a à plusieurs reprises démenti financer les rebelles, ajoutant qu’il a investi dans des écoles et des hôpitaux dans le nord du pays.

Source Reuters

Le monopole d’ Areva sur l’uranium du Niger s’effrite août 6, 2007

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Le groupe nucléaire a obtenu la reconduction de ses deux contrats d’exploitation minière dans le pays. Le groupe attend cinq nouveaux permis d’exploration.

Le Niger restera-t-il dans l’avenir une des principales sources d’approvisionnement d’Areva en uranium ? Les tensions révélées ces derniers temps avec Niamey – qui reproche au groupe nucléaire de soutenir la rébellion touareg et a récemment expulsé son directeur – semblent certes en voie d’apaisement.

Le secrétaire d’État à la Coopération, Jean-Marie Bockel, en visite surprise samedi au Niger, l’aconfirmé en faisant état  » d’avancées  » sur le dossier. Et le contrat annuel des deux mines exploitées par le groupe a été renouvelé.

Pour Areva, l’enjeu est important. Le Niger est le berceau minier du spécialiste du nucléaire qui y est présent depuis quarante ans et en a longtemps fait sa principaleressource, avec la France. Depuis, les mines hexagonales ont été fermées et la production s’est notamment réorientée sur le Canada. Mais le Niger demeure la deuxième source d’approvisionnement d’Areva, qui en tire 40 % à 45 % de ses tonnages suivant les années, juste derrière le Canada. Une dépendance qui devient une faiblesse à l’heure où la perspective de reprise des programmes nucléaires dans le monde fait flamber les cours de l’uranium et précipite une course à l’exploitation du  » yellow cake « .  » Il se consomme actuellement 60.000 tonnes d’uranium par an dans le monde alors que la production n’arrive qu’à 40.000 tonnes. Le reste est fourni par le déstockage des réserves « , note-t-on chez Areva.

DIVERSIFIER SES APPROVISIONNEMENTS

Confronté à la volonté des pays producteurs de garder la main sur ces richesses minières, mais aussi à une concurrence avivée entre les industriels de l’uranium, le groupe français n’a d’autre choix que de diversifier ses approvisionnements. Le Niger a prévenu son partenaire historique – et unique dans l’exploitation – qu’une nouvelle ère s’ouvrait :  » En 2008, nous allons négocier ferme, a annoncé le président Mamadou Tanja. L’uranium est notre produit, il sera vendu à notre profit.  »  » Nous allons tout faire pour demeurer un partenaire privilégié de Niamey « , assure-t-on chez Areva. Le groupe compte notamment sur les quatre permis d’exploration qu’il a signés en début d’année et les cinq autres qu’il a demandés.

Mais les concurrents chinois, australiens, indiens, cherchent eux aussi des gisements dans le pays. Le récent rachat du canadien UraMin par Areva lui ouvre des gisements en Afrique du Sud, en Namibie et en République Centrafricaine. Et les mines du Kazakhstan vont monter en puissance. Autant de perspectives qui vont faire baisser la part du Niger dans son portefeuille.

 

Source La Tribune

Areva perd son monopole sur l’uranium du Niger août 4, 2007

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Le groupe nucléaire français a signé un nouvel accord avec Niamey, mais la concurrence arrive

L’avenir d’Areva au Niger, où il exploite deux mines d’uranium, n’est plus aussi radieux. Les accusations du gouvernement nigérien reprochant au groupe nucléaire français de soutenir financièrement la rébellion touareg du Nord et l’expulsion de son directeur, Dominique Pin, le 25 juillet, ont jeté une ombre sur une coopération vieille de quarante ans. Nicolas Sarkozy et son homologue nigérien, Mamadou Tandja, s’en sont expliqué au téléphone, mardi 31 juillet. Et la visite à Niamey du secrétaire d’Etat à la coopération, Jean-Marie Bockel, samedi 4 août, devrait permettre de régler cette  » mini-crise « .

Les tensions de ces derniers mois ont un nom : l’uranium. Classé dernier sur l’échelle du développement humain établie par les Nations unies, le Niger n’a que cette ressource, dont il est le cinquième producteur mondial – derrière le Canada, l’Australie, le Kazakhstan et la Russie. Mais il assure un tiers de l’approvisionnement d’Areva, et donc des centrales nucléaires d’EDF. M. Bockel explique ainsi au Monde que le temps d’une  » renégociation d’ensemble des relations entre Areva et le Niger  » est venu. Il devrait l’évoquer à Niamey, ainsi que la levée de l’arrêté d’expulsion frappant M. Pin, ancien de la  » cellule Afrique  » de François Mitterrand.

Areva, au centre d’un imbroglio politico-diplomatique, dément formellement tout soutien à la rébellion touareg. L’entreprise a commis une  » maladresse involontaire « , selon M. Bockel.

Le groupe français s’est adjoint les services de la Force nationale d’intervention et de sécurité (FNIS), mise sur pied il y a douze ans après la fin d’un premier conflit avec les Touaregs. Mais ces soldats, chargés de protéger le site de prospection d’Areva à Imouraren (Nord) des incursions des bandits, des trafiquants et des rebelles touaregs du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), ont récemment déserté. A commencer par le capitaine commandant cette force à Imouraren, passé avec armes et argent au MNJ, alimentant ainsi les accusations de soutien financier d’Areva.

HAUSSE DES PRIX DE VENTE

Les relations entre Paris et Niamey s’étaient déjà tendues après l’expulsion fin juin du responsable français de la sécurité d’Areva. Colonel à la retraite et ancien attaché militaire français à Niamey, Gilles Denamur était accusé par les autorités et la presse nigériennes de collusion active avec le MNJ.

Areva a été aussi récemment critiqué par plusieurs organisations non gouvernementales (ONG), qui l’accusent de manquements graves aux obligations élémentaires en matière de formation et de prévention des risques liés à l’exploitation des mines d’uranium.

Pour autant,  » le Niger n’a nullement l’intention de chasser Areva « , a déclaré, mercredi, M. Tandja. Le 1er août, sa ministre des affaires étrangères, Aichatou Mindaoudou, et la présidente d’Areva, Anne Lauvergeon, ont signé, à Paris, la reconduction des accords d’exploitation des mines de Somaïr et de Cominak.

Il prévoit toutefois une hausse du prix de vente de l’uranium qui accroîtra les recettes budgétaires du Niger, actionnaire des deux mines. Niamey pourra aussi vendre directement une partie de l’uranium à des prix mondiaux plus élevés. Enfin, Areva devrait obtenir les cinq permis d’exploration demandés, en plus des quatre qu’il a récemment obtenus.

Mais les temps changent et le monopole d’Areva – seul jusqu’à aujourd’hui à exploiter les mines nigériennes – a vécu. Comme les pays producteurs de pétrole et de gaz, le Niger veut tirer un meilleur parti de ses richesses minières.  » En 2008, nous allons négocier ferme. L’uranium est notre produit. Il sera vendu à notre profit « , a prévenu M. Tandja. Très critique sur les anciens contrats, son premier ministre, Seini Oumarou, a souligné que l’appétit retrouvé dans le monde pour l’uranium, lié à la relance de l’énergie nucléaire, a fait de son pays  » une fille choyée  » et courtisée par plusieurs  » hommes « . En clair, plusieurs pays.

 » Plus rien ne sera comme avant « , a-t-il souligné après une rencontre de M. Tandja avec des dirigeants d’Areva. Désormais, le Niger va diversifier ses partenaires. Les Chinois, accusés de vendre des armes contre des permis d’exploration, sont de plus en plus présents, à la recherche de  » yellow cake  » pour alimenter un parc nucléaire en plein développement. Australiens, Canadiens et Indiens prospectent aussi le désert du Niger.

Areva continue de miser sur ce pays, où il est le premier employeur privé avec 1 600 salariés. Il prévoit d’investir 1 milliard d’euros dans le gisement d’Imamouren, qui prendra le relais des deux mines en cours d’exploitation, et diversifie ses sources d’approvisionnement.

 » Nous allons développer notre production de minerai d’uranium dans le monde pour la doubler d’ici 2012 en nous appuyant sur des projets internes, en renforçant l’exploration, dont le budget a triplé en trois ans, et en faisant des acquisitions « , résume Olivier Mallet, vice-président chargé du secteur mines-chimie-enrichissement. Le rachat pour 2,5 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) du canadien UraMin et de ses gisements en Namibie, en Afrique du Sud et en Centrafrique (Le Monde du 1er août) s’inscrit dans cette stratégie. Areva entend développer son activité au Canada (40 % de sa production) et au Kazakhstan (25 %), où il produit depuis 2006.

 

Source Le Monde