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Madagascar : gisement d’uranium exploitable ! septembre 6, 2007

Posted by starbucker in France, Madagascar, Uranium.
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L’existence d’un gisement d’uranium exploitable dans la région du Melaky, sera confirmée avant la fin de l’année. Trois millions de dollars sont déjà investis par les promoteurs.

Madagascar pourrait devenir un grand producteur d’uranium. La prospection effectuée dans la plaine de Betsiriry, dans la région du Melaky, est actuellement au stade du forage. Cela permettra de prélever des échantillons du sol (carottes), qui seront envoyés au Canada pour être analysés. Des données sur la teneur d’uranium contenu dans le sol, seront recueillies à partir de l’analyse. Logiquement, les résultats seront connus vers le mois de novembre et la décision d’exploitation dépendra de la quantité du gisement.

« Pour que le projet soit rentable, il faudra qu’il y ait, en moyenne, 500 grammes d’uranium dans une tonne de terre », précise Olivier Petyt, directeur général de ALM & Forex, la société qui effectue les travaux de forage. C’est la filiale de la compagnie Uramad, titulaire du permis d’exploration.

Celle-ci, de son côté, est une filiale de la compagnie minière anglaise Uranium Mining Compagny . Elle est titulaire de deux permis d’exploration d’uranium à Madagascar. Le premier se situe dans la plaine de Betsiriry, dans la commune de Beravina, située à 150 kilomètres à l’ouest de Tsiroanomandidy. Il s’étend sur une superficie de 400 km2. La deuxième zone d’exploration se trouve à Makay, au nord de Morondava, et occupe une superficie de 14 400 km2. Ce dernier fait, à l’heure actuelle, l’objet d’une prospection aéroportée, c’est-à-dire par voie aérienne, la première étape de la recherche d’uranium.

Uramad prévoit d’investir jusqu’à cinq millions de dollars dans cette phase de recherche. Selon Bernard Furth, directeur général de Uramad, près de trois millions de dollars sont déjà utilisés. « Ce chiffre dépassera largement les cinq millions de dollars avant la fin de l’année 2008 », souligne-t-il. Uramad emploie quelque 120 personnes. Elles sont nourries et logées dans un campement implanté à Folakara, à 17 km au sud-ouest de la commune de Beravina. Le salaire moyen varie selon le domaine d’activité et se situe entre 4 000 et 6 000 ariary par jour.

Concernant la prospection, ALM & Forex prévoit de réaliser jusqu’à 4 000 forages et d’obtenir jusqu’à 3 000 mètres de carottes avant la fin de l’année. La profondeur des forages a une moyenne de 30 mètres, avec des pics atteignant les 60 mètres. Trois foreuses sont aujourd’hui utilisées pour la prospection, nombre qui sera porté à cinq d’ici la fin de l’année.

La course à l’uranium

L’augmentation sans précédent de la demande en uranium sur le marché mondial explique la multiplication des travaux de prospection à Madagascar. En cinq ans, le cours de l’uranium a littéralement explosé. Il est passé de 9,7$ la livre, en 2002, à 130 dollars cette année.

L’uranium est l’élément essentiel pour produire de l’énergie nucléaire et la demande de cette matière première est de plus en plus pressante de la part de nombreux pays, comme la Chine et l’Inde. Même les pays réputés pour être anti-nucléaires envisagent d’y recourir.

Actuellement, les sites d’extraction se situent essentiellement au Canada, en Australie, au Niger et au Kazakhstan. La consommation prévue pour 2007 est de 183 millions de livres pour une production mondiale estimée à 117 millions de livres.

Hautement radioactif

L’uranium est la base de la production de l’énergie nucléaire, en servant de combustible aux centrales. Un réacteur nucléaire peut en consommer environ 200 tonnes par an et, dès sa mise en service, il a besoin de 600 tonnes.

Il existe 435 réacteurs dans le monde et de nouveaux sites vont voir le jour: 28 sont en construction, 64 planifiés et 158 en cours de développement. Les déchets nucléaires et la radioactivité constituent les principaux dangers que peut présenter l’énergie nucléaire.

Certains déchets peuvent rester actifs pendant des millions voire des milliards d’années. La technique de leur recyclage n’est pas encore au point, compte tenu de leur durée de vie. Mais il y a également le vieillissement des sites, qui accroît les risques d’accident nucléaire. Les explosions, comme celle de Tchernobyl en Russie, en constituent les cas extrêmes.

Le coût de démantèlement d’une centrale est estimé entre 300 et 500 millions d’euros. Pourtant, après l’opération, les sols restent souvent radioactifs. Pour Madagascar, la radioactivité ne présente aucun risque durant la phase de prospection. Ce n’est que durant l’exploitation que des précautions sont à prendre. Le pays n’envisage pas non plus de recourir à l’énergie nucléaire, en tout cas pas pour l’instant.

 

Le directeur général de la compagnie Uramad donne des précisions sur les aspects techniques de la prospection d’uranium

– L’existence de l’uranium à Beravina est-elle confirmée ?

– Rien n’est encore sûr pour le moment. Cependant, les Français avaient effectué des extractions d’uranium à Madagascar, dans les années 50. Les géologues disent également que la structure géologique de Madagascar ressemble à celle des pays africains qui disposent d’importants gisements d’uranium. Ces raisons ont poussé Uramad à prospecter à Madagascar. Les travaux sur le site de Folakara sont les plus avancés à l’heure actuelle.

 

– Quelles sont les différentes étapes à franchir ?

– Cela débute par les relevés aeroportés, par avion équipé de radiométrie, qui permettent de détecter les anomalies du sol. Ce procédé sert, entre autres, à recueillir la teneur du sol en potassium, thorium et uranium. S’ensuivent l’étude du sol par les géologues et la pré-campagne de forage sur les sites favorables. Le forage permet de constater si le gisement est économiquement rentable pour être exploité.

– Quels paramètres détermineront la décision d’investissement ?

– L’importance et la qualité du gisement constituent les principaux paramètres qui détermineront la décision d’investissement. Mais il ne faut pas penser que dès que le gisement est trouvé, l’exploitation se fera dans l’immédiat. Il faut des travaux préliminaires, notamment la construction de l’usine d’extraction dans une durée de trois ans avant la phase de production.

 

– L’uranium est associé à la radioactivité, au nucléaire, faut-il en avoir peur?

– Durant la phase de prospection, il n’y a rien à craindre de la radioactivité. Cela dépendra également de la teneur en uranium que seuls les scientifiques peuvent évaluer avec précision. La radioactivité de l’uranium extrait du sous-sol malgache n’est pas très élevé. Néanmoins, il faudra prendre des précautions durant la phase d’exploitation, si nous atteignons ce stade.

 

– A quoi servira la production ?

– La production sera destinée à l’exportation pour faire fonctionner les centrales nucléaires. Comme les réserves de pétrole s’épuisent à l’heure actuelle, les recherches sur l’énergie nucléaire prennent de l’ampleur. L’uranium est la source d’énergie du futur.

 

Source L’express de Madagascar

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