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Les Iraniens viennent en Suisse bétonner un accord sur le gaz septembre 15, 2007

Posted by starbucker in Gaz, Iran, Suisse.
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Le groupe énergétique zurichois EGL a conclu un contrat pour importer 5,5 milliards de mètres cubes de gaz. Rencontre du ministre iranien du Pétrole avec Micheline Calmy-Rey.

Les Iraniens viennent assurer leurs arrières en Suisse. De mercredi à vendredi, une délégation de 7 personnes de la République islamique, dont le ministre intérimaire du Pétrole, Qolamhussein Nozari, était invitée par le groupe énergétique EGL (Elektrizitäts-Gesellschaft Laufenburg AG). Motif: le groupe zurichois a conclu un accord d’envergure avec la National Iranian Gas Export Company (Nigec), une société iranienne exportatrice de gaz.

Le contrat prévoit l’importation de 5,5 milliards de mètres cubes par année. Le gaz proviendrait essentiellement du champ gazier de South Pars, l’un des plus grands du monde avec une superficie de 1300 km2. Mais l’accord est tributaire du vaste projet auquel participe EGL: la construction d’un gazoduc reliant la Grèce à Brindisi en Italie et permettant de transporter le gaz iranien. Le Trans Adriatic Pipeline (TAP) représente un investissement estimé entre 990 millions et 1,15 milliard de francs, et EGL est censé y contribuer à hauteur de 165 à 247 millions de francs.

Le contrat est bien conclu, confirme Lilly Frei, responsable de la communication d’EGL. Mais il s’inscrit dans un contexte géopolitique explosif. La République islamique est sous les feux de l’actualité en raison de son programme nucléaire, que l’Occident soupçonne d’être de nature militaire. Téhéran fait déjà l’objet de deux trains de sanctions économiques du Conseil de sécurité de l’ONU. Les Etats-Unis et la France sont occupés à pousser pour un troisième train de mesures hors de l’ONU.

Face à cette menace, les responsables iraniens sont venus cette semaine en Suisse pour anticiper. Porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères, Jean-Philippe Jeannerat, confirme que la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey a rencontré le ministre intérimaire du Pétrole, Qolamhussein Nozari, à l’aéroport de Genève vendredi. Ce dernier a également effectué jeudi une visite de courtoisie au ministre de l’Energie, Moritz Leuenberger. Sur quoi reposent dès lors les craintes iraniennes? Téhéran a peur que l’accord entre EGL et Nigec capote en raison de la pression que les Etats-Unis pourraient exercer sur les entreprises étrangères qui commercent avec l’Iran. De fait, le secrétaire d’Etat Michael Ambühl dînait mercredi soir avec des représentants d’EGL et la délégation iranienne à Zurich. Une manière de rassurer les partenaires. Du côté de la Confédération, qui n’applique pas de politique industrielle d’Etat, le Conseil fédéral n’a pas à se mêler d’une affaire théoriquement de nature purement commerciale. Toutefois, il n’est pas possible de traiter avec la République islamique sans intégrer la dimension politique. Pour Berne, le contrat commercial d’EGL et de Nigec revêt un intérêt stratégique manifeste. Il permet d’ouvrir un quatrième corridor énergétique en direction de l’Europe et de diversifier les sources d’approvisionnement en gaz de la Suisse. Directeur général du secteur Europe occidentale au Ministère iranien des affaires étrangères, Mostafa Dolatyar souligne les mérites d’un tel accord: «Il peut servir de modèle aux autres pays européens en termes de coopération énergétique avec l’Iran, qui possède les deuxièmes réserves gazières du monde.»

Source Le.Temps.ch

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