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La refonte de la filière nucléaire française autour d’Areva prendra plusieurs mois septembre 12, 2007

Posted by starbucker in France, Nucléaire.
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Après avoir réformé la gouvernance du groupe européen EADS puis décidé la fusion Suez-Gaz de France, Nicolas Sarkozy a ouvert un troisième grand chantier industriel : la refonte de la filière nucléaire française autour d’Areva. Avec, en perspective, une privatisation au moins partielle du groupe et un mariage avec le fabricant de turbines et de trains Alstom, dont le géant du BTP Bouygues est l’actionnaire de référence (25 %).

Le porte-parole du président de la République, David Martinon, a reconnu, mardi 11 septembre, que le gouvernement avait engagé une « réflexion stratégique à long terme » sur le sujet. Mais un des proches conseillers de M. Sarkozy juge qu’on n’est pas à l’heure du grand Meccano industriel et que le processus de réflexion et de décision prendra « plusieurs mois ».

M. Sarkozy juge que le secteur nucléaire compte « des entreprises magnifiques » et qu’il faut « leur donner les moyens de se développer ». Par un appel au marché et/ou l’ouverture du capital d’Areva à de grands partenaires industriels. Le ministère des finances a mandaté la banque HSBC et le cabinet McKinsey pour définir des pistes de réforme en liaison avec l’Agence des participations de l’Etat (APE).

Le gouvernement et la présidente du directoire d’Areva, Anne Lauvergeon, savent que le numéro un mondial du nucléaire n’a pas les moyens de son développement dans un secteur où des groupes privés comme Toshiba-Westinghouse et General Electric-Hitachi ou le géant public russe en cours de constitution Atomenergoprom vont lui mener la vie dure.

Areva a engagé d’importants programmes : dans le secteur minier (rachat du canadien UraMin, développement de l’exploration et de la production au Niger, en Australie, au Kazkhstan) ; dans la fabrication du combustible, avec l’usine Georges-Besse 2 (3,5 milliards d’euros) et les unités pour la conversion de l’uranium ; dans les chaudières (EPR, réacteur de moyenne puissance Atmea 1 avec Mitsubishi Heavy Industry) ; dans le retraitement, où Areva veut investir à l’étranger en plus de La Hague ; ou dans le pôle transmission et distribution d’électricité (T & D) en plein essor et les énergies renouvelables (éolien…).

Au total, résume un de ses dirigeants, Areva devrait investir près de 15 milliards d’euros d’ici à 2012. Or il doit verser chaque année de gros dividendes au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), son principal actionnaire (79 %). Des sommes qui vont à la recherche et aux deux fonds dédiés au démantèlement des installations nucléaires civiles et militaires du CEA, mais qui assèchent la capacité d’investissement d’Areva.

MAINTIEN D’UN GROUPE INTÉGRÉ

Mme Lauvergeon défend une ouverture du capital, mais à une condition : ne pas démanteler un groupe intégré qui doit rester présent sur toute la filière (extraction et enrichissement de l’uranium, construction de réacteurs, retraitement des déchets). Elle affirme en avoir convaincu M. Sarkozy. Après tout, plaide celle qui a créé Areva en 2001 par la fusion Cogema-Framatome-CEA Industries, c’est le modèle qui commence à prévaloir dans le monde. Westinghouse est monté dans Kazatomprom et General Electric se rapproche de Usec (US Enrichment Inc.).

Ce maintien d’un groupe intégré n’exclut pas des montages complexes dans lesquels la part de l’Etat serait plus ou moins grande selon l’importance stratégique de l’activité. Cela peut passer par la création d’une holding de tête, où Bouygues serait un des principaux actionnaires au côté du CEA, et des filiales par métiers avec des actionnaires différents.

L’Etat garderait le contrôle dans le cycle du combustible et le recyclage, où les risques de prolifération atomique sont considérables ; c’est aussi le secteur actuellement le plus rentable. EDF, qui veut sécuriser l’approvisionnement en uranium de ses centrales, et Total, qui veut à terme se diversifier dans le nucléaire, devraient être intéressés.

En revanche, la puissance publique serait minoritaire dans le pôle construction de chaudières nucléaires (ex-Framatome), où Bouygues aurait une part prépondérante à travers Alstom, ainsi que dans le T & D, le ferroviaire (TGV, trains, métro) et les énergies non nucléaires.

Si Bouygues monte ainsi dans Areva, M. Sarkozy n’échappera pas à l’accusation de népotisme puisque le patron du groupe de BTP est un des intimes du président de la République. Mais d’autres sujets restent à régler dans ce Meccano aux multiples pièces. Notamment le rôle du japonais Mitsubishi et surtout la place de l’allemand Siemens, éternel rival d’Alstom.

Le groupe de Munich détient 34 % d’Areva NP, qui construit les réacteurs nucléaires. Areva peut certes faire jouer une option de rachat de ces 34 % d’ici à 2011. M. Sarkozy y semble disposé, mais la chancelière Angela Merkel et les dirigeants de Siemens ont réaffirmé, ces derniers jours, qu’ils n’entendaient pas sortir du nucléaire. Même si l’Allemagne a programmé la fermeture de sa dernière centrale nucléaire en 2020, peut-on évincer un groupe dont l’apport industriel et technologique a permis à Areva de devenir un leader mondial ?

Source Le Monde

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