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Naissance d’un nouveau géant dans le paysage énergétique européen septembre 3, 2007

Posted by starbucker in Energie, France.
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Même amputé de son pôle environnement, le groupe issu du rapprochement entre Suez et Gaz de France rivalisera avec E.ON et EDF en termes de chiffre d’affaires. Mais il sera bien mieux armé qu’eux dans le domaine gazier.

Ces derniers mois, Suez et Gaz de France ont tellement répété qu’ils avaient les moyens de se développer en solitaire qu’on a presque fini par l’oublier : le rapprochement des deux groupes est sans doute la meilleure chose qui pouvait leur arriver. « C’est une formidable opportunité, j’y travaille depuis des années », rappelait la semaine dernière le PDG de Suez, Gérard Mestrallet. « Sans Suez, nous risquions de rester au bord du chemin », reconnaissait, quant à lui, son homologue de Gaz de France, dans une interview accordée l’an passé aux « Echos ». Quelques jours à peine après l’annonce du projet de fusion, Jean-François Cirelli considérait même qu’à elle seule l’opération réglait « tous les problèmes stratégiques de Gaz de France dans un monde en plein changement » (« Les Echos » du 2 mars 2006).

Dans le trio de tête

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec une capitalisation boursière supérieure à 90 milliards d’euros (en tenant compte du pôle environnement), Gaz de France-Suez se hisse d’emblée dans le trio de tête des groupes électriques ou gaziers européens, derrière Gazprom et EDF. Même amputé de ses activités dans l’eau et la propreté, le nouvel ensemble rivalisera avec les géants du secteur, l’allemand E.ON et EDF. Tous les trois pèsent désormais entre 60 millions et 70 milliards d’euros de chiffre d’affaires. L’écart est donc creusé avec des acteurs tels que RWE, Iberdrola ou Enel, qui sont pourtant des poids lourds du paysage énergétique européen.

Concrètement, le premier mérite de la fusion est de renforcer de façon significative la position des deux entreprises dans l’Hexagone. Avec la naissance de ce nouveau groupe, EDF a clairement trouvé un rival à sa mesure sur son marché domestique. Tôt ou tard, la libéralisation totale des marchés de l’énergie obligeait Gaz de France à se doter d’une véritable compétence électrique. Cinquième électricien européen, Suez lui apporte sur un plateau des moyens de production (notamment nucléaires) qui lui permettront, demain, d’alimenter en courant sa clientèle cible, à savoir les 7,5 millions de Français qui se chauffent au gaz. La problématique du groupe franco-belge était exactement inverse : en solitaire, Suez disposait du parc de production nécessaire, mais peinait à élargir son portefeuille de clients. Ceux de Gaz de France lui tendent désormais les bras. Et des offres combinant gaz et électricité devraient bientôt commencer à fleurir sur le marché français.

L’autre grand atout du rapprochement, celui qui justifie l’opération sur le plan politique, a trait à la sécurité d’approvisionnement énergétique. Premier acheteur et premier fournisseur de gaz en Europe, Gaz de France-Suez va devenir un interlocuteur de poids pour les grands pays producteurs comme la Russie ou l’Algérie.

Présent sur toute la chaîne

Son pouvoir de négociation devrait s’en trouver accru. En outre, les positions acquises par le nouveau groupe dans le domaine du gaz naturel liquéfié (GNL) lui permettront de diversifier comme jamais ses sources d’approvisionnement. Au gaz algérien, nigérian et égyptien, aujourd’hui importé par bateau par Gaz de France, viendront bientôt s’ajouter des cargaisons de GNL en provenance du Qatar et du Yémen. Deux pays avec lesquels Suez a déjà signé des contrats d’approvisionnement sur plusieurs années.

Présent dans l’exploration-production ( Gaz de France s’est fixé pour objectif de détenir à terme 1 milliard de barils équivalent pétrole), propriétaire du premier réseau de transport gazier et du premier réseau de distribution en Europe, Gaz de France-Suez sera présent d’un bout à l’autre de la chaîne gazière, puisqu’il dispose à ce jour de 3 terminaux GNL sur le Vieux Continent, d’une flotte de 16 méthaniers et d’importants actifs de stockage. Sur ce terrain, au moins, le nouveau groupe part avec un avantage certain sur ses rivaux européens.

 

Source Les Echos

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