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GdF-Suez, ou l’art des fusions à la française septembre 3, 2007

Posted by starbucker in Energie, France.
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L’annonce, après plus de dix-huit mois d’atermoiements, de la fusion entre Gaz de France et Suez, illustre les talents de négociateur de Nicolas Sarkozy, d’Albert Frère et du patron de Suez, Gérard Mestrallet. Mais les investisseurs ordinaires ne trouvent pas leur compte dans le nouveau contrat de mariage entre les deux groupes.

Maximiser le rendement pour les actionnaires risque bien en effet de ne pas figurer au premier rang des priorités de la nouvelle entité.

La « realpolitik » française en matière d’industrie et d’énergie risque de prévaloir, compte tenu des tendances interventionnistes de l’Etat, qui détiendra 35% de GdF-Suez.

La participation détenue par le gouvernement français dans le nouvel ensemble permettra aussi à l’Etat de contrôler de manière indirecte le pôle environnement qui sera scindé par Suez.

La mainmise de l’Etat français sur GdF-Suez allège la pression sur les dirigeants, tout en privant les actionnaires du groupe de toute prime liée à une éventuelle offre hostile. C’est bien d’ailleurs la crainte d’un prédateur qui avait conduit Suez dans les bras de GdF en janvier 2006.

A cela s’ajoutent les dix-huit mois qu’il a fallu pour prendre la décision de scinder l’activité environnement de Suez, afin de rendre le groupe suffisamment petit pour lui permettre d’être absorbé par GdF sans que l’Etat n’ait à verser un important dividende aux actionnaires de Suez.

Séparer les activités énergie et environnement est exactement ce que de nombreux investisseurs, sceptiques sur l’opportunité de réunir dans un même ensemble la production d’électricité et la gestion des déchets, réclament depuis longtemps.

Cette solution aurait permis de contourner le problème des parités dès l’annonce des termes originels de la fusion, mais ni le gouvernement ni les deux groupes n’en ont tenu compte.

L’ironie de la situation est que la stratégie de Suez, qui consiste à créer un groupe de services aux collectivités intégré, est en train de porter ses fruits, favorisée par la forte demande pour les services en énergie et en environnement en provenance des économies en développement.

A l’avenir, les investisseurs pourront choisir d’investir dans l’une ou l’autre, ou les deux activités principales de l’ex-Suez.

Voilà qui remet en perspective les efforts déployés par Gérard Mestrallet pour déterminer la stratégie du groupe après sa transformation de holding présente dans de multiples secteurs, qui avait caractérisé l’ère Suez Lyonnaise des Eaux, en un véritable groupe industriel.

Serait-ce l’eau, les déchets, l’énergie et les médias? Ou l’eau, les déchets, l’énergie et les gaz industriels? Ou l’eau plutôt que l’énergie? ou l’inverse?

La stratégie de Suez, qui est aussi un temps passée par l’idée d’une fusion avec des groupes allemands, qui n’a finalement pas vu le jour, a oscillé entre ces diverses possibilités.

Sur le papier, la fusion avec GdF donne naissance à l’un des plus grands groupes énergétiques européens, qui pourra rivaliser avec EdF, E.On et Enel, et ce à un moment particulièrement favorable pour le secteur.

Si l’Etat se garde de trop intervenir dans la gestion du nouveau groupe, nul doute que celui-ci devrait prospérer, surtout en France, où le secteur de l’énergie reste aux mains de deux groupes contrôlés par l’Etat – EdF et GdF-Suez.

 

Source DJ

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