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Pétrole en voie de disparition août 30, 2007

Posted by starbucker in Pétrole.
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Depuis quelques années, l’expression « pic pétrolier » est reprise en chour par nombre d’observateurs pour justifier la tendance haussière du baril de brut. Est-il réellement synonyme de panne sèche mondiale et nous guette-t-il de si près ?

Pics en pagaille Sous réserves Pic partiel Précieux or noir Comment en profiter ?

Dans les années 1940, le géophysicien américain Marion King Hubbert avança que la courbe de production d’une matière première en général, et du pétrole en particulier, évolue selon un même schéma en cloche : elle augmente jusqu’à connaître un pic puis décroît plus ou moins au même rythme. A partir de la première partie de la courbe, voire d’une partie de celle-ci seulement, il était possible de déterminer assez précisément le pic de production d’un champ de pétrole et par extrapolation, d’une zone géographique déterminée, voire du monde entier. En 1956, il fit une présentation officielle de ses recherches devant l’American Petroleum Institute, mais ses travaux furent peu appréciés par ses pairs et rapidement oubliés. Ils furent toutefois exhumés en 1971 lorsque la production de pétrole des Etats-Unis (48 Etats, hors Alaska et Hawaii) atteignit son maximum. Hubbert avait déterminé que la production des USA connaîtrait un pic en 1970…

Si l’ensemble des spécialistes de l’or noir s’accordent sur l’existence d’un pic à venir, aucune date ne fait l’unanimité. En mars dernier, le Government Accountability Office (l’équivalent américain de notre Cour des comptes) insistait sur la nécessité pour les Etats-Unis de se préparer au pic pétrolier qui interviendrait, selon la plupart des études, entre aujourd’hui et 2040. Les compagnies pétrolières majeures font plutôt partie des optimistes, leurs estimations variant entre 2020 et 2030.

Dans son rapport sur les perspectives du marché pétrolier à moyen terme publié le 9 juillet 2007, l’Agence internationale de l’énergie estimait que le monde ferait face à une crise d’approvisionnement en pétrole, la demande étant appelée à croître de 2,2 % par an sous l’impulsion des pays d’Asie et du Moyen-Orient tandis que l’offre peinera à augmenter, principalement dans les pays non membres de l’OPEP.

L’Association pour l’étude des pics de pétrole et de gaz (ASPO), un réseau de scientifiques, estime que la production atteindra un niveau maximum entre 2010 et 2015.

Cette diversité d’opinions révèle combien il est complexe d’évaluer les réserves mondiales de pétrole.

Le niveau des réserves est une donnée tellement sensible que tirer des conclusions à partir des chiffres officiels n’aurait que très peu de sens. En 2004, Shell avait ainsi dû revoir à la baisse ses réserves prouvées de plus de 20 %, soit plus de 4 milliards de barils. La situation est encore plus précaire en ce qui concerne les réserves nationales, principalement celles des pays de l’OPEP et de l’ex-URSS.

Les quotas de production au sein de l’OPEP étant partagés entre les différents membres en fonction de leurs réserves respectives, de nombreux pays ont tendance à surévaluer leurs réserves afin d’obtenir des quotas plus importants. Nous constatons ainsi que depuis 1990, les pays producteurs déclarent des réserves disponibles stables voire en augmentation alors que plusieurs dizaines de milliards de barils sont extraits chaque année.

Le phénomène de surenchère est également flagrant. En 1985, le Koweït a augmenté ses réserves de 26 milliards de barils pour atteindre les 90 milliards de barils. En réponse, l’Irak, l’Iran, Dubaï et Abou Dhabi ont annoncé des réserves doublées voire triplées dès 1988. Les quatre pays se sont attribué de la sorte 289,06 milliards de barils contre 128,25 milliards douze mois plus tôt.

Au total, les réserves déclarées de l’OPEP s’élevaient à 902 milliards de barils en 2005, dont au moins 35 % étaient douteuses.

La situation n’est pas plus limpide au sein des pays de l’ex-Union soviétique. En 2002, la Douma russe a adopté une loi qualifiant de crime passible de sept ans de prison toute divulgation sur les réserves nationales de pétrole ou de gaz. En 2005, la Russie et le Kazakhstan ont déclaré des réserves de respectivement 74,4 milliards et 39,6 milliards de barils.

Sur la base de chiffres probables, c’est-à-dire des moyennes ou des données n’émanant pas d’organisations pouvant être qualifiées de partisanes ( voir tableau « Prévision pic pétrolier » ci-dessous), nous avons estimé que le pic pétrolier serait atteint en 2020.

Cependant, cette prévision tient presque uniquement compte du pétrole conventionnel, facile et bon marché à extraire. Or, l’exploitation de pétrole non conventionnel connaît actuellement un important développement. On entend par là le pétrole en eaux profondes, les sables et schistes bitumeux… Ces ressources permettront probablement de répondre à la demande d’énergie au cours des prochaines années et d’éviter une panne sèche mondiale avant 2050, mais plus encore qu’aujourd’hui, le pétrole méritera son surnom d’or noir. Durant les années 1990, les gisements de pétrole non conventionnel avaient été quasiment abandonnés car non rentables. L’exploitation de ces ressources nécessite, en effet, d’importants investissements et est de plus beaucoup plus énergivore.

Si émettre une prévision concernant la date du pic pétrolier mondial s’avère plus que périlleux, nous pouvons toutefois prévoir que le prix du baril restera élevé au cours des prochaines années, voire décennies. En effet, la demande demeurera soutenue en raison du développement de l’Asie et de l’absence d’alternatives. Les énergies renouvelables ne sont pas encore assez matures. Le gaz naturel connaîtra également un pic, probablement dans la seconde moitié du XXIe siècle, et ne peut donc constituer une solution. Les ressources de charbon sont plus importantes mais son utilisation est limitée par sa mauvaise réputation (environnementale) et par le fait qu’il nécessite une transformation en liquide avant de pouvoir être employé aux mêmes finalités que le pétrole.

L’offre peinera certainement à suivre la demande et l’or noir sera surtout de moindre qualité et plus difficile à extraire. Le pétrole conventionnel, et tout particulièrement le brut léger (comme le Brent et le WTI), c’est-à-dire moins chargé en soufre et plus facile à raffiner, va devenir de plus en plus rare. Le recours au pétrole non conventionnel, dont le coût de revient moyen par baril varie actuellement entre 50 à 70 USD en fonction du type de ressource, sera un important facteur de soutien voire de hausse des prix.

Les grandes compagnies pétrolières telles que Total, BP, Exxon Mobil et autres tireront évidemment profit de la cherté du baril de brut. Cependant, elles pourraient éprouver de plus en plus de mal à maintenir leur niveau d’activité, surtout si le prix du pétrole poursuit sa marche en avant. En effet, de plus en plus d’Etats tentent de reprendre en mains l’exploitation de leurs réserves. Hugo Chavez, Président du Venezuela, a ainsi renationalisé le pétrole du pays. Les autorités russes reprennent également le contrôle de leurs réserves en poussant les compagnies occidentales à vendre, en tout ou en partie, leurs projets à des sociétés publiques telles que Gazprom ou Rosneft. Afin de limiter ces risques, les compagnies pétrolières peuvent notamment se diversifier dans les énergies renouvelables et/ou alternatives (biocarburants, nucléaire, éoliennes…).

Canadian Oil sands et Suncor Energy, deux groupes exploitant des sables bitumeux au Canada sont mieux positionnés face à ce risque. Ils sont, en effet, actifs dans un pays bien plus sûr et profiteront pleinement de la demande soutenue de pétrole au travers de leurs importants projets de développement. Les sables bitumeux canadiens représentent des réserves prouvées de 163,5 milliards de barils.

Les groupes parapétroliers comme l’américain Transocean, le numéro un mondial du forage en mer y compris en eaux profondes, et le français Technip, spécialisé dans la conception et la réalisation de plates-formes de production en mer et d’unités de raffinages, seront également incontournables.

Finalement, la tendance actuelle à l’éloignement des lieux de production du pétrole des pôles de consommation profitera aux transporteurs de pétrole comme la compagnie maritime belge Euronav.

L’offre de fonds de placement consacrés à l’or noir ou à l’énergie (mais avec une part prépondérante pour le pétrole) est assez développée. KBC propose ainsi le fonds KBC Equity Fund – Oil et Fortis, le Fortis L Equity Energy Europe.

 

Source Trend-Cash

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