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Des pays en développement affichent sans complexe leurs ambitions nucléaires août 29, 2007

Posted by starbucker in Energie, Géopolitique, Nucléaire.
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Jean-Pierre Bommer, Secrétaire général de la Fédération romande pour l’énergie (FRE), www.frenergie.ch

L’accord franco-libyen est un signal parmi d’autres. Au moment de son réveil dans les pays industriels, l’atome fait aussi des envieux dans les pays en développement. Coup sur coup, l’Egypte, l’Algérie, le Maroc, des Etats du Golfe, et même la Namibie, annoncent leur intention de se lancer dans le nucléaire civil.

Confrontés au défi du développement, certains gouvernements ont parfaitement identifié les avantages de l’atome pour assurer un approvisionnement performant et stable en électricité. Mais s’ils veulent se donner une chance d’accéder au nucléaire civil, ces pays doivent se rendre insoupçonnables en termes de prolifération.

L’exemple de l’Iran est là pour rappeler que toute ambition dans ce domaine passe par un préavis favorable des Etats-Unis et par l’intégration d’un éventuel programme de développement dans le cadre strict et balisé de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’Egypte et l’Algérie, entre autres, ont engagé des discussions bilatérales avec Washington.

L’Algérie dispose de deux réacteurs nucléaires expérimentaux en activité depuis 1995. Ils sont placés sous le contrôle de l’AIEA, qui les inspecte régulièrement. Alger ne cesse d’affirmer sa volonté d’instaurer une totale transparence autour de son programme de recherche nucléaire, en privilégiant une coopération multilatérale. Au mois de janvier dernier, la ville accueillait une conférence régionale africaine, organisée à l’enseigne de «La science et la technologie au service du développement». A cette occasion, le président Abdelaziz Bouteflika a plaidé pour l’accès des pays africains aux technologies nucléaire civiles.

Cette ambition désormais clairement affirmée a fait tache d’huile dans plusieurs directions: «Les pays arabes du golfe Persique prévoient d’engager en 2009 leur propre programme nucléaire», vient de déclarer le ministre de l’Energie et de l’Industrie du Qatar, Abdullah ben Hamad Al Attiyah. «Tôt ou tard, le pétrole et le gaz vont s’épuiser et nous devons penser à l’avenir», a-t-il ajouté.

Une fois approuvé par les gouvernements concernés, ce projet commun sera conduit dans le cadre du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Koweït, le Qatar, Bahreïn et le Sultanat d’Oman. Quelle que soit l’orientation donnée aux futures recherches, elle n’inclura pas l’enrichissement de l’uranium. C’est ce qu’a tenu à rappeler le secrétaire général du CCG, Abdullah Al Attiyah, soucieux de se démarquer d’emblée du modèle iranien.

Le 19 mars dernier, quatre experts de la compagnie étatique russe Atomstroyexport arrivaient au Maroc pour rencontrer des représentants de l’Office national de l’énergie (ONE). Au cœur des discussions figurait, selon le quotidien espagnol El Pais, le projet de construction de la première centrale électrique nucléaire marocaine à Sidi Boulbra.

Atomstroyexport est le maître d’œuvre russe des accords intergouvernementaux sur la construction d’ouvrages nucléaires à l’étranger. Cette société supervise sept réacteurs en cours de construction en Chine, en Inde, en Iran et en Bulgarie. Elle poursuit des négociations avec d’autres pays, tels le Kazakhstan et la Turquie. Le site d’implantation étant identifié, une première centrale marocaine pourrait entrer en service vers 2016.

«Puisque nous avons le combustible, pourquoi ne pas le valoriser dans nos propres centrales?» Une question que se posent désormais les dirigeants de la Namibie, pays qui vient d’inaugurer une deuxième mine d’uranium sur son territoire. «Nous allons explorer la possibilité d’utiliser une partie de ce combustible pour générer de l’électricité», confirmait le président Hifikepunye Pohamba. La Namibie contribue à hauteur de 7% à la production mondiale d’uranium. La mise en service de cette seconde mine lui permettra de porter sa participation à 10% d’ici à la fin de 2007.

A peine cette ambition était-elle annoncée que la Russie manifestait son intérêt pour le projet namibien. Les sociétés technologiques et énergétiques Techsnabexport et Renova, appuyées par la banque commerciale Vneshtorgbank, se déclaraient disposées à construire la première centrale nucléaire de cette république, à laquelle un tel ouvrage offrira les conditions d’un véritable décollage industriel.

De fait, trois pôles de développement nucléaire pourraient se constituer en Afrique: l’Algérie au nord, la République sud-africaine au sud et l’Egypte à l’est. Mais c’est au sud que les choses sont les plus avancées. La République sud-africaine, seul pays du continent qui exploite une centrale nucléaire industrielle, s’apprête à construire un réacteur pilote à haute température, basé sur une technologie développée puis abandonnée dans les années 1980 aux Etats-Unis et en Europe (voir l’encadré ci-dessous).

Cet intérêt des pays en développement pour l’atome ne va pas s’arrêter là. D’autres Etats devraient bientôt préciser leurs intentions, par exemple en Amérique du Sud et dans les anciennes républiques soviétiques de l’Asie. De son côté, l’AIEA s’est dite prête à soutenir ces ambitions, tout en attirant l’attention des uns et des autres sur les conditions d’un tel développement: «Les centrales nucléaires demandent des conditions cadres technologiques et juridiques complexes, des ressources financières importantes et du personnel qualifié», avait rappelé Mohamed ElBaradei, directeur général de l’agence, lors de la conférence d’Alger en janvier dernier.

 

Source Le Temps

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