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Terminaux gaziers : les opposants agitent le spectre des surcapacités août 28, 2007

Posted by starbucker in France, Gaz.
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En septembre débuteront trois débats publics autour des projets de terminaux de gaz naturel liquéfié de Dunkerque, du Havre et du Verdon. « Ils soulèveront la question du nombre de terminaux nécessaires », indique-t-on au cabinet de Jean-Louis Borloo. EDF, Poweo et 4 Gas devront justifier de l’intérêt de leurs projets face aux risques de surcapacités gazières.

La France risque-t-elle de compter bientôt trop de terminaux de réception du gaz naturel liquéfié, le GNL ? La polémique déclenchée cet été par le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, -qui, début août, s’est déclaré défavorable à la construction d’un terminal sur le site du Verdon, près de Bordeaux – se prépare à ressurgir, avec l’ouverture d’un débat public mi-septembre qui se tiendra simultanément à Bordeaux, à Dunkerque et au Havre. Trois sites sur lesquels 4 Gas, EDF et le trio Poweo-CIM- E.ON ont respectivement jeté leur dévolu en vue d’y implanter leurs terminaux. Tous annoncent vouloir y produire au moins 9 milliards de mètres cubes de gaz par an, au plus tard en 2012.

L’engouement pour le GNL n’est pas propre à la France. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la production de GNL dans le monde devrait doubler d’ici à 2015 pour atteindre 600 milliards de mètres cubes. Une explosion qui tient à plusieurs raisons. D’abord, le transport du gaz par bateaux séduit les vendeurs qui, avec l’ouverture des marchés, peuvent facilement dérouter leur cargaison de gaz d’un point à un autre. Ensuite, aux yeux des pouvoirs publics, diversifier les routes du gaz renforce la sécurité d’approvisionnement. Enfin, la baisse des coûts de la chaîne GNL incite les industriels à se lancer dans l’aventure. Mais d’aucuns soulignent déjà l’envers du décor en avançant le risque d’un trop-plein. « Si tous les projets se réalisent, on importera plus du double de nos besoins, tonne François Auber, membre des deux associations d’opposants au terminal du Havre-Antifer. L’ouverture des marchés de l’énergie attise la convoitise. Poweo, comme d’autres, veut sa part du gâteau sans se soucier des besoins réels de gaz. »

Trois projets en concurrence

Guy Le Mignot, président de l’une des deux associations, insiste : « On va vers une surcapacité. Avec l’extension attendue du terminal de Montoir-de-Bretagne et la mise en service de Fos-Cavaou, la sécurité d’approvisionnement est assurée jusqu’en 2010. Pourquoi ne pas rouvrir le débat à cette date ? Quitte alors, si nécessaire, à envisager des terminaux offshore qui ne défigureraient pas nos côtes. » À Dunkerque ou au Verdon aussi, les associations d’opposants brandissent l’argument de la surcapacité. Elles ne sont pas les seules. « Considéré au niveau européen, le besoin d’un terminal méthanier dans la région [du Verdon] n’est pas avéré sur le plan économique », affirmait, il y a peu, Dominique Bussereau.

Le sujet de la surcapacité sera au coeur des discussions à venir. « Les débats publics soulèveront la question de l’opportunité et du nombre de terminaux nécessaires », indique-t-on au cabinet du ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo. « Les trois projets de Dunkerque, du Havre et du Verdon sont en concurrence, appuie Gustave Defrance, membre des commissions du débat public des trois terminaux. C’est pourquoi les débats se dérouleront de façon simultanée. » Avec, toutefois, un peu d’avance au Verdon pour recueillir l’avis de ceux qui ne viennent dans cette commune que l’été.

Les consultants, eux aussi, ont en tête les risques de surcapacités : « Tous les projets annoncés ne verront pas le jour, observe l’un d’eux. Il n’y aura pas de place pour tout le monde. Si les industriels font des annonces, c’est pour décourager leurs concurrents. Avec un consortium et un nom, vous pouvez aller voir des investisseurs, signer des accords d’achat et de vente de gaz qui vous permettront de sécuriser votre projet et de faire en sorte qu’il se réalise. L’annonce participe d’une vraie démarche industrielle. »

Les débats publics courront jusque mi-décembre. En juin, chaque industriel dira s’il poursuit ou non l’aventure. Si oui, viendra alors la phase d’enquête publique et d’études environnementales. Les travaux de construction des terminaux pourraient alors démarrer au printemps 2009 et la mise en service être effective trois ans plus tard.

 

Source Les Echos

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