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L’uranium, l’arme stratégique de l’Australie août 27, 2007

Posted by starbucker in Australie, Uranium.
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Après la Chine, Canberra vient de conclure un accord de vente du combustible à l’Inde. Au risque de faire exploser le Traité de non-prolifération nucléaire.

L’accord indo-américain de coopération dans le domaine nucléaire conclu à la fin juillet fait des remous. A New Delhi, il a provoqué une grave crise politique susceptible de faire chuter le gouvernement (LT du 22.08.2007). A Washington, plusieurs membres démocrates du Congrès sont prêts à combattre l’accord. Mais celui-ci ne fait pas que des malheureux. Alliée indéfectible des Etats-Unis, l’Australie s’est engouffrée dans la brèche pour vendre l’une de ses principales matières premières: l’uranium.

Disposant de 40% des réserves mondiales d’uranium, l’Australie bombe désormais le torse. Elle vient de conclure un accord de vente du minerai à l’Inde. L’attitude de Canberra n’a cependant pas manqué d’interloquer les tenants de la non-prolifération nucléaire. L’Inde n’étant pas un Etat partie au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), l’Australie ne devrait théoriquement pas lui livrer de combustible. Son premier ministre John Howard tient à rassurer. L’accord en question comprend de solides garde-fous comparables à ceux prévus dans le TNP. Le ministre australien des Affaires étrangères Alexander Downer abonde dans le même sens: «Le fait que l’Inde a déjà des armes nucléaires montre qu’il n’y a pas de risque de contribuer à la prolifération nucléaire en exportant de l’uranium à une économie dévoreuse d’énergie.»

L’Inde n’est pas le seul client de l’Australie. Profitant du retour en grâce du nucléaire à l’échelle mondiale, Canberra a déjà ratifié un accord d’exportation d’uranium avec la Chine au début 2007. Pour accompagner son boom économique, Pékin a besoin d’uranium pour alimenter les 28 centrales nucléaires qu’il compte construire d’ici à 2020 ou les 63 centrales qu’il planifie à l’horizon 2040. La part du nucléaire en Chine demeure toutefois modeste: elle ne dépasse pas les 2%.

Accord avec la Russie

Si le gouvernement de John Howard est bien disposé envers New Delhi, il n’entend toutefois pas négocier avec l’Etat paria pakistanais qui, comme l’Inde, n’est pas partie au TNP. En revanche, il annonce déjà qu’en septembre, un accord avec la Russie sur la vente d’uranium pourrait être conclu.

Deuxième producteur mondial d’uranium derrière le Canada et devant la Namibie, l’Australie prend conscience qu’elle peut tirer un profit substantiel de la construction des 250 centrales nucléaires qui vont s’ajouter aux 440 existantes dans le monde aujourd’hui. Dans la région de Darwin par exemple, au nord du pays, on compte plus de trente sociétés spécialisées dans l’extraction du minerai. Elles n’étaient que cinq en 2005. Ce boom de l’exploitation de l’uranium, longtemps retardé par un pétrole peu cher, a une incidence considérable sur le combustible. Sur le marché mondial, la livre d’uranium a bondi de 12 francs en 2004 à plus de 180 francs. L’âge d’or de l’uranium pourrait toutefois appartenir au passé quand le monde se tournera vers les réacteurs de quatrième génération dits de surgénération, beaucoup moins gourmands en uranium. Mais jusqu’à leur avènement, l’Australie a encore le temps de réaliser de juteux profits.

 

Source Le Temps

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