jump to navigation

Le Kazakhstan veut remettre la main sur sa fortune pétrolière août 24, 2007

Posted by starbucker in Kazakhstan, Pétrole.
trackback

L’AUTOMNE sera chaud au Kazakhstan. L’été n’est pas terminé qu’Astana fait encore monter la température en menaçant d’exiger l’arrêt des travaux de Kashagan, l’énorme gisement pétrolier découvert en 2000 dans la partie nord de la mer Caspienne. ENI, l’opérateur italien du projet le plus coûteux de l’histoire du pétrole, aurait enfreint la législation kazakhe sur l’environnement. Nul besoin d’être expert pour comprendre que le motif masque un différend financier, à l’image de celui qui a opposé la Russie à Shell, l’an dernier, au sujet de Sakhalin-2. Les Kazakhs ne cachent guère leurs intentions.

Fin juillet, le premier ministre, Karim Massimov, invoquait non pas l’environnement mais l’énorme augmentation du coût de développement du champ – entre le double et le triple du montant envisagé au départ – et les cinq ans de retard dans la mise en production de Kashagan (elle devait débuter en 2005), pour réclamer le quadruplement de la part des profits de son pays, initialement de 10 % dans le PSA ( Production Sharing Agreement ). Une négociation musclée s’engage pour les partenaires du consortium, dont Total, ENI, Shell et Exxon Mobil détiennent 18,52 % des parts chacun, tandis que ConocoPhillips en possède 9,26 %, KazMunaiGaz, la société nationale pétrolière kazakhe, et Inpex 8,33 %. La production est attendue en 2010 Le Kazakhstan profite évidemment de sa position d’État souverain, très courtisé par les pétroliers du monde entier, pour tenter d’encaisser ses pétrodollars au plus vite. «  Les Kazakhs vont lancer un audit, officiellement pour comprendre le pourquoi de la hausse du coût du projet. En réalité, ils cherchent surtout des arguments pour ne pas payer leur part et augmenter leurs profits  », pense, à Almaty, sous couvert d’anonymat, le cadre d’une des majors qui ont dû s’associer pour exploiter la plus grosse découverte d’or noir des trois dernières décennies. «  Cela nous inquiète d’autant plus que la facture est déjà tellement élevée qu’elle menace l’économie du projet  », ajoute-t-il. Mais les autorités kazakhs semblent aussi craindre de voir les profits de Kashagan leur échapper à force d’attendre l’arrivée des premiers barils, aujourd’hui espérés fin 2010, lorsque le cours du brut ne sera peut-être plus de 70 dollars l’unité. Symbole de la ruée vers l’or noir du début du XXI e  siècle, Kashagan est particulièrement difficile à exploiter. «  Ce qui le caractérise , c’est la combinaison de problèmes techniques. Tous sont maîtrisables en soi, même s’ils sont extrêmes. Notre vrai défi est de les surmonter ensemble  », nous expliquait un ingénieur du chantier, il y a quelques mois, au beau milieu de la Caspienne gelée. Tout y est, faible profondeur de l’eau à cet endroit de la mer, ce qui engendre de gros soucis de gestion des masses de glace, pression record de 800 bars, forage à 4 500 mètres de fond, présence de soufre importante, et donc dangereuse… La facture passe de 37 à 100 milliards d’euros Résultat : le Kazakhstan devra patienter avant de faire son entrée, espérée en 2015, parmi les dix plus gros exportateurs de brut du monde. En attendant, la facture s’alourdit terriblement. 37, 55, voire 100 milliards d’euros pour exploiter les 9 à 13 milliards de barils récupérables, à raison d’une production à terme de 1,2 à 1,5 million de barils par jour (l’équivalent de ce qu’exporte actuellement le Kazakhstan). Un groupe comme Total, par exemple, joue gros. Avec les 18,52 % qu’il détient dans le consortium, le pétrolier et gazier français récupérera environ 250 000 barils par jour de Kashagan, soit 10 % de la production du groupe. Invariablement, les porte-parole des majors d’ Agip KCO se refusent aux commentaires ces jours-ci. Même pour expliquer les «  bonnes  » raisons de l’augmentation du coût de mise en production de Kashagan. «  La hausse considérable ces dernières années du prix des services pétroliers en général, d’un côté, notre meilleure connaissance du gisement, de l’autre, nous ont aussi amenés à réévaluer le coût de Kashagan. Cela ne peut être imputé à la faute de personne  », nous expliquait il y a quelques semaines une personne très proche du dossier. Mais les Kazakhs ne veulent rien entendre. «  Nous sommes très déçus de la manière dont est mené ce projet. Si l’opérateur ne peut pas régler ces problèmes, nous n’excluons pas d’en changer  », a déclaré M. Massimov. «  Qui relèvera le défi ?  », demandent les partenaires de Kashagan. Personne n’a envie de payer pour les autres, d’autant qu’aucun n’est sûr de faire mieux qu’ ENI.

 

Source Le Figaro

Publicités

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :