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Pétrole : les nouveaux tankers arrivent, les prix du transport chutent août 21, 2007

Posted by starbucker in Pétrole.
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Les prix d’utilisation des navires pétroliers viennent de tomber à leur plus bas niveau depuis quatre ans. La conséquence à la fois d’une demande un peu affaiblie et de l’arrivée d’une série de nouveaux tankers. Ce n’est qu’un début : l’an dernier, pas moins de 720 pétroliers ont été commandés.

La baisse des tarifs d’utilisation des tankers est d’autant plus frappante que les prix du fret pour les autres types de navires (graines, ciment…) atteignent au contraire des sommets.

La situation peut paraître paradoxale. Jamais le monde n’avait consommé autant de pétrole. Jamais, surtout, il ne s’était échangé autant de brut et de produits raffinés, les volumes exportés connaissant actuellement une croissance soutenue. Et pourtant les tarifs d’utilisation des navires qui, à côté des oléoducs, assurent une bonne part de ce transport sont en chute libre. Sur la plupart des grandes routes maritimes, ils sont tombés à leur point le plus bas depuis des années.

A Londres, l’indice Baltic Dirty Tanker, qui sert de référence pour les prix du transport de brut, est ainsi revenu hier à 817 points, son plus faible niveau depuis août 2003. C’est 48 % de moins qu’il y a un an et quatre fois moins que le sommet touché en novembre 2004. Un plongeon d’autant plus frappant que les prix du fret pour les autres types de navires, ceux qui transportent des graines ou du ciment par exemple, atteignent au contraire des sommets.

Parmi les professionnels, le phénomène suscite un débat. « Pour moi, la baisse est avant tout conjoncturelle », analyse Patrick Decavèle, le patron de Broström Tankers en France. Le recul des taux de fret, assez classique durant l’été, a visiblement été accentué cette année par un affaiblissement de la demande. « L’hiver n’a pas été très froid, ce qui a calmé la consommation et permis de reconstituer les stocks », note Patrick Decavèle. Aucune urgence, donc, à affréter des navires pour alimenter des clients en manque.

En Europe comme en Asie, « pas mal de plates-formes et de raffineries sont arrêtées pour maintenance, de façon plus ou moins programmée, ce qui réduit aussi les besoins de transport », ajoute-t-on chez Total. L’Opep a également diminué sa production.

Des commandes record

« En fait, le marché est très calme, résume un expert du courtier d’affrètement maritime Barry Ragliano Salles. Pendant plusieurs années, il a été soutenu par une série d’ouragans, de guerres et autres événements exceptionnels qui allongeaient les trajets. Pendant les grèves au Venezuela, par exemple, les Etats-Unis étaient obligés de charger leur brut non plus à six jours de voyage, mais en Corée ou dans le Golfe, à vingt et un jours. Aujourd’hui, tout marche un peu trop tranquillement, et cela pèse sur les tarifs… »

Cela pèse d’autant plus que le nombre de navires disponibles se révèle, lui, en forte hausse. Aux yeux de John Kartsonas, analyste chez Citigroup, c’est ce facteur structurel qui explique le recul des taux de fret, bien plus que la baisse saisonnière de la demande. Comme lors du premier choc pétrolier, dans les années 1970, la hausse des cours du brut, conjuguée avec la future interdiction des navires à simple coque, a en effet incité la filière à mettre en chantier un nombre impressionnant de tankers. Environ 720 ont été commandés l’an dernier, un record absolu, contre 250 seulement l’année précédente, selon les pointages de McQuilling Services. Les premiers navires de cette nouvelle vague arrivent tout juste. A l’image du « Aleksey Kosygin », l’un des plus grands bateaux de l’histoire de la flotte russe, qui vient d’être livré par Daewoo à la compagnie Sovcomflot.

Tout dépendra des armateurs

Résultat de cet afflux, alors que la demande reste stable : pour les supertankers de 200.000 à 300.000 tonnes, « le taux de disponibilité des navires est à son sommet depuis dix ans », relève John Kartsonas. Ce qui explique la baisse des tarifs. Selon lui, le mouvement devrait se poursuivre « au moins jusqu’à la fin de la décennie », car c’est surtout en 2008 et 2009 qu’arrivera la grande masse des tankers.

Beaucoup dépendra, en fait, du futur comportement des armateurs. S’ils gardent leurs bateaux anciens le plus longtemps possible, le marché risque de rester engorgé. « Mais certains, anticipant l’interdiction des «simple coque», ont déjà décidé de reconvertir leurs vieux pétroliers pour transporter non plus du brut, mais du vrac sec, indique-t-on chez Barry Rogliano Salles. D’autres partent à la casse. Cela devrait assainir le marché. »

 

Source Les Echos

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