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Kiev relance un projet de corridor pétrolier avec l’Irak août 20, 2007

Posted by starbucker in Irak, oléoduc, Pétrole, Ukraine.
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Le gouvernement ukrainien vient de remettre au goût du jour l’idée d’un oléoduc reliant le pays à l’Irak afin de diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique. Mais les experts doutent de la faisabilité de ce projet, dont la principale raison d’être semble reposer sur des arrière-pensées électorales.

Cela ressemble étrangement à un serpent de mer, mais sa soudaine réapparition est lourde de sens… La coalition gouvernementale au pouvoir en Ukraine a récemment annoncé sa volonté de relancer l’étude d’un oléoduc qui relierait les champs pétroliers irakiens à l’Europe occidentale en passant par l’ancienne république soviétique. En remettant ce dossier sur le devant de la scène, Kiev souhaite une fois de plus montrer son désir de diversifier ses ressources énergétiques. L’objectif électoraliste de cette annonce est évident. Mais les experts, eux, se montrent sceptiques.

Le gouvernement du Premier ministre Viktor Ianoukovitch a chargé au début du mois le ministère des Combustibles et de l’Energie et celui des Affaires étrangères d’ouvrir des négociations avec l’Irak et la Turquie en vue de la création d’un corridor pétrolier par lequel l’or noir irakien viendrait remplir l’oléoduc Odessa-Brody. La première conduite, qui relierait Kirkouk, en Irak, au terminal pétrolier de Pivdenny, en Ukraine, en passant par la ville turque de Trabzon (Trébizonde), nécessiterait la construction de plusieurs centaines de kilomètres de pipeline. Une fois arrivé à destination, le pétrole brut pourrait être raffiné en Ukraine ou être transféré par voie maritime grâce à toute une flottille de barges vers l’oléoduc reliant Odessa, Brody et Plock en Pologne. Ce projet n’est pas nouveau. En mars 2005, le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, avait déjà évoqué l’idée de créer un corridor énergétique entre son pays et l’Irak. Des pourparlers dans ce sens auraient aussi été entamés avec d’anciennes républiques soviétiques comme le Turkménistan et le Kazakhstan. En août de la même année, la presse locale parlait même de la possible création à Pivdenny d’une « raffinerie pour le pétrole non russe ».

« Coquille vide »

La plupart des experts doutent toutefois du sérieux de ce programme. Interrogé dans les colonnes du quotidien russe « Nezavissimaïa Gazeta », Vladimir Leskov, un expert du secteur pétro-gazier, pense même que ce corridor de transport ressemblerait plutôt à une coquille vide. « Aujourd’hui, l’Irak extrait près de 2 millions de barils de pétrole par jour, dont 1,6 million sont exportés essentiellement vers l’Europe et les Etats-Unis, et ces exportations sont assurées par des tankers géants et non par des oléoducs, note ce spécialiste. Négocier avec les autorités irakiennes n’est pas non plus une tâche facile car la loi sur la participation étrangère aux projets pétro-gaziers n’a toujours pas été adoptée. Il faudra donc attendre avant de pouvoir augmenter la production de pétrole en Irak. » De nombreux Ukrainiens partagent ce scepticisme. Ce projet « a peu de chances de réussite, estime dans une interview au journal local «Kyiv Post» Volodymyr Saprykin, le directeur des programmes énergétiques auprès du Centre Razumkov à Kiev. La région de la mer Noire est pleine de pétrole russe, kazakh et azéri, bon marché en raison des coûts très faibles de transport. De plus, ce nouveau pipeline implique des coûts supplémentaires liés au transport du pétrole par bateau. La Turquie a aussi commencé les études préliminaires concernant un oléoduc entre Samsun et Ceyhan, soit la direction opposée [au projet ukrainien]. Et pour finir, la situation du pétrole irakien est très complexe et je pense que les volumes [d’or noir exporté] ont déjà été décidés pour les années à venir. »

L’ouverture d’un nouveau corridor de transport ne devrait pas non plus ravir Moscou. Bizarrement, cette idée a été relancée par un gouvernement réputé prorusse. Sachant que ce projet a très peu de chances de se concrétiser, le Premier ministre ukrainien a probablement remis le dossier au goût du jour pour séduire, à l’approche des élections législatives du 30 septembre, les électeurs de l’ouest et du centre du pays qui désapprouvent ses rapports « amicaux » avec la Russie.

 

Source Les Echos

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