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Surchauffe autour de l’uranium africain août 18, 2007

Posted by starbucker in Afrique, Uranium.
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La rébellion des Touaregs au nord du Niger met en lumière les énormes intérêts stratégiques qui entourent ce minerai en Afrique.

Que les autorités nigériennes aient été obligées de mettre un terme à quarante ans de monopole d’Areva dans l’exploitation de l’uranium dans leur pays montre le degré d’exaspération auquel elles étaient parvenues au regard des agissements de cette société ; qu’elles aient été contraintes de le faire un jour non ouvrable, c’est à dire dimanche 5 août, indique clairement qu’il y avait urgence, et peut-être péril en la demeure. N’empêche, la nouvelle avait fait l’effet d’une bombe, surtout qu’elle venait pour ainsi dire confirmer qu’entre le troisième producteur mondial d’uranium et le numéro un du nucléaire civil, c’était vraiment la rupture totale , une rupture matérialisée par l’expulsion le mois dernier de Dominique Pin, le DG. d’Areva Niger.

Les relations entre Areva, le plus gros employeur privé au Niger et le gouvernement ont commencé à se dégrader au début de l’année. Le patron local de cette firme française, Dominique Pin, a formellement été accusé de financer la rébellion touarègue qui sévit au nord du pays, région où est justement produit l’uranium, une rébellion de plus en plus offensive menée par le Mouvement des Nigeriens pour la Justice ( MNJ ) ,et qui inflige périodiquement de lourdes pertes à l’armée nationale. Une accusation à première vue aberrante, mais que les Nigériens , au fil des mois, ont étayé par des preuves solides.

Les accusations de Niamey se fondent sur des documents bancaires prouvant clairement qu’ Areva avait viré sur le compte d’un commandant des forces armées nigériennes, en service au nord du pays, c’est dire en pleine zone rebelle, une somme de 57 millions de F.cfa. Comme par hasard, ce commandant allait déserter l’armée pour rejoindre les rebelles quelques jours plus tard ,avec armes et bagages. Les Nigériens ont aussi trouvé suspect le  » vol  » par les rebelles des véhicules tout-terrain lors d’une attaque sur le site minier d’Immouraren. Et comme si cela ne suffisait pas, voici que le MNJ se met à réclamer le départ de  » sa  » zone de toutes les compagnies d’exploration à l’exception d’Areva. Il n’en fallait pas plus pour que Niamey mette un terme à 40 ans de monopole de cette société sur la prospection, l’exploitation et la vente de l’uranium nigérien.

Enjeux sous-terrains

Une autre pièce à verser à ce dossier : le DG d’Areva Niger, Dominique Pin, qui n’a quitté la diplomatie qu’au début de cette année, était le numéro deux de l’ambassade de Côte d’Ivoire lors du déclenchement de la rébellion dans ce pays. Il se murmure d’ailleurs que c’est chez lui qu’aurait résidé Alassane Ouattara durant les premières semaines de cette crise.

En outre, les autorités nigériennes trouvent troublante la tournure que viennent de prendre les relations franco-libyennes. Il se confirme que la France pourrait bientôt livrer à la Libye des technologies pouvant permettre à ce pays d’acquérir un réacteur nucléaire à usage civil. Est-ce la raison pour laquelle affirme la presse nigériane la Libye revendique depuis quelques mois un territoire de 30.000km2 riche, affirme la presse nigérienne, en pétrole et en uranium ?

Le cas de l’uranium nigérien n’est pas isolé. Partout en Afrique où ce minerai, incontournable dans l’industrie nucléaire a été découvert, on assiste à des conflits à n’en plus finir, avec une opposition virulente, une société civile aux aguets. Plus que le pétrole, l’uranium semble l’objet de convoitises qui attisent souvent des conflits interminables, en même temps qu’il est l’objet des enjeux souvent sous-terrains. Que ce soit à l’est de la RDC, au Gabon voire plus au sud en Namibie, les enjeux sont les mêmes. Autant que le pétrole sinon plus, l’uranium est devenu la nouvelle pomme de discorde qui divise les peuples et fomente des rebellions à répétition sur le continent africain.

 

Source All Africa

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