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La Chine souhaite un plus large accès aux ressources énergétiques de la Russie août 17, 2007

Posted by starbucker in Chine, Energie, Russie.
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Le président chinois a rencontré Vladimir Poutine lors d’un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) consacré aux questions de sécurité, mais qui lui a permis également d’aborder les problèmes de fourniture de gaz et de pétrole. Hu Jintao a tenté, une nouvelle fois, de convaincre son homologue russe de lui ouvrir plus largement l’accès à ses réserves d’hydrocarbures.

Hu Jintao aura fait honneur à l’Année de la Chine en Russie. Après avoir assisté, hier, à Bichkek, capitale du Kirghizistan, avec ses homologues russe, kazakh, kirghize, tadjik, ouzbek et iranien (ce dernier avec statut d’observateur seulement) au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, le président chinois retrouve, aujourd’hui, une nouvelle fois Vladimir Poutine dans l’Oural russe pour suivre des exercices militaires conjoints (lire ci-dessous). Avec cette quatrième visite présidentielle en Russie, Hu Jintao espère convaincre son grand voisin de la sincérité de ses intentions. Si les deux pays se sont longtemps affrontés politiquement, et même militairement – en 1969 le long de la rivière Oussouri -, leur opposition commune aux projets jugés « hégémoniques » des Etats-Unis a facilité le réchauffement de leurs relations dès le début des années 1990. Leur rapprochement a, depuis, été surtout précipité par la volonté de Pékin de trouver de nouvelles sources d’approvisionnement énergétique, capables d’alimenter la folle croissance économique – environ 10 % par an depuis vingt ans – qui a conduit la Chine à être aujourd’hui le deuxième importateur mondial d’hydrocarbures.

Livraisons par voie ferrée

A chacun de ses entretiens bilatéraux, Hu Jintao essaye ainsi de convaincre Vladimir Poutine de lui ouvrir plus généreusement ses immenses réserves de pétrole et de gaz. Les livraisons de pétrole russe sont pour l’instant limitées à de coûteux et complexes transferts par voie ferrée. Sur les 15 millions de tonnes de brut promises en 2006, seules 10 millions auraient effectivement franchi la frontière. Pour doper ces flux, qui ne satisfont, pour l’instant, que 15 % de la demande chinoise, Pékin presse Moscou de le laisser accéder au futur oléoduc géant reliant l’est de la Sibérie à Nakhodka, un port de la côte pacifique. Mais l’opposition des autorités japonaises, qui avaient initié et financé l’essentiel de ce projet pharaonique, complique la donne.

Cherchant à réduire sa dépendance au pétrole et surtout au charbon (75 % de sa production d’électricité), la Chine lorgne également, depuis quelques années, les réserves russes de gaz naturel et pousse deux projets de gazoducs en provenance de Russie. Un premier la relierait aux champs de la Sibérie orientale, un autre aux réserves de la Sibérie occidentale. « Les deux pays soutiennent théoriquement ces pipelines. La Russie y voit une occasion de diversifier ses marchés. La Chine a d’énormes besoins. Mais leur accord achoppe sur des questions financières », explique John Harris, un expert du Cera ( Cambridge Energy Research Associates) à Pékin. Contrôlant toujours les prix du gaz naturel sur son territoire, la Chine refuse de payer ses commandes internationales au prix du marché mondial et demande à Moscou d’importants rabais.

La méfiance persiste

Si les autorités russes se réjouissent du rapprochement avec Pékin et de l’envolée de leurs échanges commerciaux bilatéraux – qui pourraient atteindre 80 milliards de dollars en 2010 -, elles restent toujours très méfiantes à l’égard de leur ambitieux partenaire. La Russie est hantée par la peur d’être submergée démographiquement par la Chine dans une Sibérie orientale qu’elle a bien du mal à peupler. Dans les trois provinces frontalières de la région, près de 130 millions de Chinois, dont de nombreux travailleurs faisant la navette à travers la frontière, font face à 7,5 millions de Russes. En outre, la Chine pousse ses pions dans d’anciennes chasses gardées de la Russie, notamment en Azerbaïdjan et au Kazakhstan. Dans ce pays stratégique (lire ci-dessous) qui pourrait devenir le quatrième exportateur mondial d’or noir à l’horizon 2015, le numéro un chinois du pétrole, CNPC (Compagnie nationale du pétrole de Chine), a déboursé rien de moins que 4,18 milliards de dollars pour acquérir Petrokazakhstan, richement doté en réserves potentielles. La Chine a aussi inauguré fin 2005 l’oléoduc Atasu-Alashankou, le premier construit hors de ses frontières, pour 700 millions de dollars. Il doit fournir dans un premier temps 10 millions de tonnes de pétrole par an. Autant que la Russie.

 

Source Les Echos

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