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L’été libyen août 15, 2007

Posted by starbucker in Géopolitique, Libye.
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En cette fin de mois d’août, nul ne peut prétendre le contraire : la Jamahiriya libyenne concentre toutes les attentions sur elle. Et ce n’est pas le fils du colonel Kadhafi qui ferait dans la discrétion.

Après ses révélations dans le quotidien français le Monde sur l’existence de contrats militaires avec Paris, il a fini par avouer que les infirmières bulgares avaient été «bel et bien» torturées. De manière «méthodique et organisée» pour répondre – par-extension- à la question saugrenue de la chaîne El Jaazera sur la pratique de la torture en Egypte ? Saïf El Islam peut aller se dorer au soleil, les médias occidentaux resteront sur les dents tout cet été et bien au-delà, les actuels appétits de Tripoli seront suivis à la trace par les Sherlock Holmes de la presse européenne.

Dont ceux du quotidien britannique le Daily Telegraph qui auraient mis la main sur des stocks d’uranium dont la Libye tarde à se débarrasser malgré ses engagements pris en 2003. D’après des sources anonymes proches du dossier, citées dans l’article, la Jamahiriya conserve toujours quelque 200 barils d’une valeur de 295 millions d’euros dans une base militaire à Sabha. Certes, Kadhafi s’est plié aux règles de l’AIEA mais, depuis, aurait retardé leur stricte application. Un motif valable à ce «traîne les pieds» ?

Toujours selon les «informateurs» du Daily Telegraph, la temporisation en question jouerait en faveur de la Libye qui souhaiterait monnayer la destruction de ses stocks d’uranium contre l’obtention d’un réacteur. De là peut-on reprocher à Nicolas Sarkozy le fait d’avoir signé avec les autorités de Tripoli le controversé protocole d’accord sur le nucléaire civil ? Après tout, le maître de l’Elysée lutterait à sa façon pour ralentir la course à la prolifération militaro-nucléaire ? Mais voici que le journal français le Parisien nous apprend que le marché conclu entre la France et la Libye n’est pas qu’une simple affaire de couplage d’un réacteur à une usine de dessalement de l’eau de mer.

La Jamahiriya viserait toujours beaucoup plus haut, beaucoup plus fort. Aux dires d’un porte-parole du Commissariat à l’énergie atomique dont l’identité n’a pas été révélée par le journal des bords de Seine, le songeur aux Etats unis d’Afrique convoite la technologie de troisième génération EPR. D’où la sollicitation «brusque» en juin dernier du géant français Areva pour la fourniture et l’installation d’une telle centrale «dernier cri» d’un montant de trois milliards de dollars. Pas avant les dix ou quinze ans à venir, le carnet de commandes du groupe français est chargé.

Faudrait-il d’abord qu’il parvienne à doter la France de la sienne d’ici à 2012 et honorer son contrat avec la Chine qui en avait commandé deux. Et vu les retards accumulés, il y a risque que les livraisons ne se fassent pas dans les délais impartis. A bien suivre ce rythme, le gouvernement de Tripoli ne détruirait pas ses stocks d’uranium avant au moins une décennie. Les bougies du cinquantième anniversaire de la création de l’AIEA remises au placard, les services du docteur El Baradei réagiront-ils à ce paquet d’informations ? Après tout, ce n’est pas leur site Internet qui a été piraté par les adversaires de la politique américaine et israélienne au Proche-Orient -passons les deux cents ogives nucléaires détenues par l’Etat hébreu- mais bien celui des Nations unies.

Parmi les premiers à avoir signé des contrats d’armements avec la Jamahiriya au lendemain de la levée de l’embargo, les Américano-Britanniques feraient-ils un forcing auprès de l’agence viennoise afin que celle-ci somme les Libyens de cureter jusqu’au dernier baril d’uranium et dans des délais raisonnables ? Il ne resterait en Occident plus que l’Allemagne d’Angela Merkel qui pourrait introduire une telle demande pressante.

Et, de ce fait, prolonger ses protestations contre la course en tête et en solo de Nicolas Sarkozy tout au long de son «été libyen». Quant à l’été pourri sur le Vieux Continent, il risque d’inonder le moteur franco-allemand et le «mini-traité» constitutionnel européen avec. A vos barques de sauvetage.

 

Source La Tribune

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