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La fonte des glaces donne le départ de la ruée vers l’Arctique août 15, 2007

Posted by starbucker in Energie.
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L’Arctique est devenu, en dix jours, le théâtre de manœuvres militaro-scientifiques dignes des premières explorations vers le pôle Nord, au XVe siècle.

L’inexorable disparition de la banquise, qui atteint un record cette année, promet de libérer peu à peu de formidables ressources naturelles. Selon l’US Geological Survey, un observatoire américain, le pôle cacherait 25% des réserves non découvertes de pétrole et de gaz, sans compter du manganèse, de l’or, du nickel et des diamants. Ce trésor fantasmagorique est resté inaccessible jusqu’ici, prisonnier des glaces. Car, contrairement à l’Antarctique, protégé par un traité qui empêche l’exploitation de ses ressources naturelles, l’Arctique n’appartient légalement à personne. Pour l’instant.

«Nous ne sommes plus au XVe siècle»

La Russie de Vladimir Poutine a donc lancé une nouvelle course vers le Grand-Nord il y a dix jours en déployant ses brise-glace et deux sous-marins high-tech dans une vaste opération médiatique (24 heures du 3 août). Cette flottille est parvenue à planter un drapeau russe par 4261 mètres de fond sous la calotte glacière et à récolter des échantillons de sable.

L’intérêt scientifique de l’opération cachait mal la provocation géostratégique. Les quatre autres pays bordant l’océan (le Canada, la Norvège, le Danemark et les Etats-Unis) n’ont d’ailleurs pas tardé à réagir.

Le premier ministre canadien, Stephen Harper, s’est aussitôt rendu dans le Grand-Nord, dénonçant le risque d’une «perte de souveraineté». Son collègue en charge des Affaires étrangères a rappelé «qu’on n’était plus au XVe siècle», lorsqu’il suffisait de planter un drapeau pour s’attribuer de nouvelles terres. Le Canada a annoncé dans la foulée la création d’un port en eau profonde et d’une base militaire à Resolute Bay, dans l’extrême nord du pays. Le Danemark a suivi en dépêchant, hier, le brise-glace Oden avec 45 scientifiques à bord qui passeront au crible les fonds marins. De son côté, la Norvège a répété qu’elle revendiquait la propriété d’une partie de l’Arctique. A leur tour, les Etats-Unis ont également annoncé hier le départ du Healy, un navire des garde-côtes, qui devra déterminer quelle partie de la région peut être considérée comme territoire américain.

L’escalade rappelle des manœuvres oubliées depuis la guerre froide, lorsque les sous-marins nucléaires soviétiques et américains jouaient au chat et à la souris sous cette même banquise. Aussi surprenant soit-il, ce nouveau bras de fer a toutes les chances de se régler d’ici quelques années dans les bureaux new-yorkais d’une obscure commission onusienne, la Commission on the Limits of the Continental Shelf. Mais pour les prétendants, il convient d’abord de bomber le torse et de collecter les arguments géologiques qui étofferont leurs dossiers.

Test de paternité géologique

Les cinq pays concernés sont signataires de la Convention des Nations Unies sur la loi de la mer. Celle-ci établit que les Etats peuvent exploiter les fonds marins jusqu’à 370 kilomètres de leurs côtes. Une exception est toutefois envisageable lorsqu’un pays peut prouver scientifiquement que les fonds au-delà de cette limite forment une extension naturelle de leur sol. Voilà qui explique l’agitation scientifique actuelle autour de l’Arctique: les experts de chaque pays devront accumuler des preuves pour établir que ces sous-sols font partie intégrante de leur «plateau continental». Russes, Canadiens et Danois s’écharpent par exemple pour s’attribuer la paternité géologique de la «dorsale de Lomonosov», une chaîne de montagnes sous-marine qui traverse le pôle.

La Commission on the Limits of the Continental Shelf est désignée par la convention de l’ONU pour décider du bien-fondé de ces demandes. Les Etats doivent y présenter leurs arguments dans les dix ans qui suivent la signature de la convention de l’ONU. La Russie et la Norvège, pour qui le délai était fixé au mois de mai 2009, ont déjà présenté leurs dossiers. Le Canada a jusqu’en 2013 et le Danemark jusqu’en 2015.

Les Etats-Unis quant à eux, peu enclins à se soumettre aux décisions de fonctionnaires onusiens, n’ont pas encore ratifié la Convention sur la loi de la mer. En lieu et place, le Congrès américain pourrait bientôt allouer 100 millions de dollars pour moderniser ses trois brise-glace et pour en construire deux de plus.

Source 24 Heures

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