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La course à l’uranium en 2007 août 15, 2007

Posted by starbucker in Uranium.
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Suite à la catastrophe de Tchernobyl en 1986, l’uranium a subi une disgrâce quasi générale – sauf en France.


Un environnement mondial pas mal chahuté.

 

Pourtant l’énergie nucléaire effectue un retour en grâce. La World Nuclear Association estime que le nombre de centrales dans le monde pourrait passer de 450 aujourd’hui à 3000 en 2050. Pourtant, l’uranium qui permet à ces centrales de produire de l’énergie est rare. Des pays tels la Chine ou l’Inde -pour ne citer que les principaux, mais il y en a bien d’autres – font le tour du monde pour faire main basse sur ce minerai.
Cet engouement laisse augurer, comme pour le pétrole, une pénurie à terme. Mais quel terme ? Le risque de voir des centrales nucléaires à l’abandon faute de carburant est-il réel ? Le prix de l’uranium flambe : il a triplé en un an et s’est vu multiplié par dix en quatre.
Entre janvier 2003 et avril 2007, le prix du kilogramme d’oxyde d’uranium (U3O8 yellow cake) est passé de 22 dollars à 249 dollars. Notons que l’importance de cette augmentation se répercute sur le coût de l’électricité nucléaire.


Les risques de pénurie

 

La demande croît sans cesse.
Certaines des mines parmi les plus prometteuses sont temporairement hors service ou l’accès à leurs ressources limité :

  • Cigar Lake, Canada, bassin de l’Athabasca : ce gisement évalué à 135 000 tonnes d’uranium pur (de quoi alimenter toutes les centrales du monde pendant deux ans !) est un gisement situé sous un lac. Il a subi une inondation en octobre 2006. La hausse les prix de l’uranium naturel sur le marché mondial en a été boostée et le coût de l’accident a été estimé à un milliard de dollars. Il se passera des années avant que la production ne puisse démarrer.
  • La mine de Ranger en Australie, représentant 10,2% de la production mondiale à elle seule, a également été inondée en mars 2007. La production sera réduite de moitié pendant deux ans.

Niger, mines d’Arlit et d’Akotan : le monopole détenu depuis 40 ans par le groupe Areva a été dénoncé par le gouvernement nigérien en juillet dernier. Les relations entre Paris et Niamey s’étaient envenimées depuis juin.
Ces difficultés participent à la hausse, et le prix actuel de l’uranium est actuellement de 138 dollars la livre.
Pourtant, tout accident nucléaire, comme celui de juin dernier au Japon, touche directement l’imaginaire public et ralentit temporairement la demande, causant une baisse momentanée. Mais ce ne sont que des « accidents » de parcours, et la tendance haussière semble irréversible.


Les projections théoriques diffèrent

 

Par ailleurs, il est difficile de s’y retrouver dans les différentes analyses concernant la durée prospective des réserves en uranium de notre planète. Certains avancent la possibilité d’une rupture de stock pour 2015, d’autres pour 2040, les plus optimistes repoussent la panne sèche encore plus tard. Tous pourtant s’accordent à reconnaître la réalité du problème, même si tous présentent leur propre version du futur, parfois outrageusement rassurante, voire « lénifiante », parfois dure ou même alarmiste.


Et la France ?

 

De 1956 à 2002, 75 000 tonnes d’uranium ont été produites en France, la maximum de 3.400 T ayant été atteint en 1989. Il est curieux de constater que les réserves des gisements nationaux, annoncées en 1985, étaient de 112.000 tonnes, tandis qu’en 2001, après une production de 25.000 tonnes, les réserves ne sont plus que de 11.700 tonnes. Que sont les tonnes devenues, et quel crédit donner aux chiffres annoncés ici ou là ?
L’approvisionnement français est actuellement aux mains du groupe Areva. Celui-ci, bien qu’ayant récemment pris des participations importantes dans des gisements canadiens et au Kazakhstan, continue de dépendre fortement des gisements nigériens dont il vient de perdre le monopole. L’an dernier, Areva a produit 5272 tonnes.
Pourtant Areva tente de diversifier ses ressources et a récemment racheté une compagnie canadienne : « L’intégration d’UraMin dans le pôle minier d’Areva est une étape importante dans son plan ambitieux d’augmentation de sa production d’uranium », a alors expliqué Anne Lauvergeon, la présidente d’Areva.
Mais les mines du canadien sont situées sur le continent Africain, et la récente expérience vécue au Niger incite à la prudence quant à la stabilité des contrats.
Le même souci pousse la groupe à investir plus dans la prospection, allant jusqu’à tripler ses dépenses (90 MEuros). Toutefois la prudence reste de mise : la prospection reste aléatoire. En outre, la mise en exploitation d’un gisement requiert de nombreuses années en études et préparatifs, parfois plus de dix ans.


Maximum de production, quand ?

 

Le concept de production maximum, mis en évidence pour le pétrole, est également pertinent dans le cas de toute ressource minière fossile : pétrole, gaz naturel, charbon, uranium et autres…
Applicable aussi bien au niveau d’un seul gisement ou de façon plus globale, cette notion montre que la production atteint un maximum, et diminue ensuite lorsque soit les difficultés techniques d’exploitation condamnent la rentabilité, soit l’énergie consommée pour l’extraction égale ou dépasse le rendement produit.
La consommation mondiale d’uranium est de 67.000 tonnes par an, alors que la production est de 42.000 tonnes. Les stocks civils et militaires « font l’appoint », mais que se passera t’il lorsque ceux-ci seront épuisés ?

 

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