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«Il n’y a pas de pétrole au pôle Nord» août 15, 2007

Posted by starbucker in Energie.
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Yves Mathieu, ingénieur spécialisé dans les hydrocarbures, analyse les enjeux des expéditions vers le Grand Nord.

Une expédition danoise faisait route vers l’Arctique lundi afin de cartographier les fonds marins au nord du Groenland, une mission scientifique qui pourrait permettre au Danemark de se mettre sur les rangs pour revendiquer sa part des richesses du Grand Nord. Le 2 août, une expédition russe avait, de manière spectaculaire, planté un drapeau russe en titane à plus de 4000 mètres sous le pôle Nord, à l’aide de deux submersibles, au terme d’une expédition symbolique et critiquée qui a relancé les convoitises des pays voisins. Yves Mathieu, ingénieur à l’Institut français du pétrole, chargé des ressources mondiales d’hydrocarbures, explique quels sont les tenants et les aboutissants des dernières expéditions arctiques.

– Quel est l’enjeu de cette course au pôle Nord?

Yves Mathieu: Le domaine territorial des Etats couvre le domaine océanique sur une distance de 200 milles nautiques à partir de la côte. Donc, quand on trace cette limite, le pôle Nord n’appartient à personne. Car il est à plus de 200 milles des côtes canadiennes et groenlandaises, de la Russie, des Etats-Unis ou de la Norvège. Cette ligne des 200 milles est la limite d’extension maritime des territoires nationaux dans lesquels les ressources minières, pétrolières, pêche et autre sont des ressources du pays. Tout le monde est libre d’aller dans la zone qui va au-delà. Le pôle Nord ne fait partie d’aucun de ces pays. Donc, automatiquement, planter un drapeau peut signifier la volonté de s’approprier ce point, et, en ce qui concerne la Russie, celle de repousser la limite de 200 à 300 milles des côtes. Mais planter un drapeau sur la mer ne donne pas la propriété de la mer. Si vous plantez un drapeau sur une île, si la communauté internationale est d’accord pour dire que vous êtes propriétaire de l’île, vous êtes propriétaire de l’île, mais pas du fond de la mer. Le fond de la mer est à tout le monde, sauf dans la limite des 200 milles côtiers. Planter un drapeau à 4200 mètres au fond de la mer, comme l’ont fait les Russes, est une prouesse technique, dont peu d’Etats ont les moyens. Vladimir Poutine a voulu donner une image forte de la Russie. Mais cela n’a pas de signification juridique.

– Le pôle Nord regorge-t-il de ressources en hydrocarbures?

– Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’y a pas de pétrole sous le pôle Nord. Pour qu’il y ait du pétrole, il faut qu’il y ait des bas-fonds sédimentaires suffisamment épais. Il y en a tout autour des continents, mais ils sont tous à l’intérieur des 200 milles, donc ils sont déjà dans les domaines attribués par la législation internationale. Etendre son domaine maritime ne consiste donc pas à acquérir des potentialités sur des bassins sédimentaires qui auraient pu contenir du pétrole et du gaz. La course actuelle ne relève pas d’un enjeu pétrolier. Elle tient plutôt du symbole.

Les zones pétrolières arctiques sont-elles très riches?

– A terre, en Sibérie, il y a par exemple le Iamal, la région du Grand Nord qui approvisionne l’Europe en gaz. Un bassin qui, comme Prudhoe Bay en Alaska, Chtokman en mer de Barents, et Snohvit dans la partie norvégienne de la mer de Barents, se prolonge en mer. Comme on a trouvé depuis le début de cette exploration, qui touche 10% des surfaces potentielles, 20 milliards de barils de pétrole et 8000 milliards de mètres cubes de gaz, on trouvera, si la proportionnalité est conservée, 200 milliards de barils et 80000 milliards de mètres cubes de gaz. Soit trois ans de consommation mondiale pétrolière et trente ans d’exploitation gazière. Ce sont des estimations, pas des réserves. Quand on ira plus loin en mer ou vers les zones non équipées, il faudra que les découvertes soient suffisantes pour amortir les coûts.

– Quel peut être l’effet du réchauffement climatique? – Avec la fonte de la banquise, les gens commencent à être intéressés par l’ouverture de passages pour les bateaux. Entre le Japon, la Chine et l’Europe, cela raccourcit de 20 à 30% le temps de transit de passer par ces régions-là. Le coût de transport sera plus faible. Côté sibérien, les routes devraient s’ouvrir vite. Moins du côté canadien, à cause de la dérive de la banquise.

 

Source Le temps

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