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Coup de froid sur le marché de l’uranium naturel août 14, 2007

Posted by starbucker in Uranium.
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La spéculation abandonne le marché au comptant de l’uranium naturel. La période est peu favorable aux achats directs de produit physique. Les grandes entreprises consommatrices en reviennent aux contrats de long terme avec leurs fournisseurs.

L’uranium naturel ne brille plus avec autant d’éclat qu’en juin. Selon la société de conseil spécialisée TradeTech LLC, après avoir culminé à 138 dollars il y a deux mois, la livre de ce combustible minéral se négociait la semaine dernière à 105 dollars au comptant. La baisse de 24 % des prix spot dans un laps de temps aussi court n’a pas manqué d’affecter durement le cours des actions des groupes miniers producteurs d’uranium naturel, à l’image du numéro un mondial, le canadien Cameco (- 30 % depuis son sommet en clôture du 15 juin), ou du français Areva (- 16,4 % depuis le point haut du 20 juin).

Certes, en dépit de la correction à l’oeuvre, les cours de cette matière première restent nettement plus élevés que fin 2006 (72 dollars la livre le 25 décembre) mais la chute de ces dernières semaines est la première depuis quatre ans, ce qui nourrit des interrogations sur la possibilité pour l’uranium naturel de reprendre le cycle de hausse qu’il avait initié en 2003.

L’affaiblissement actuel correspond d’abord à une caractéristique du secteur : la demande s’y réduit traditionnellement en cette période de l’année. La semaine passée, toujours d’après TradeTech, le marché au comptant de l’uranium naturel n’a concerné que 800.000 livres. « Les compagnies électriques ralentissent leurs achats en été après avoir assuré leurs approvisonnements pour l’ensemble de l’année 2007 », indiquent les analystes chez Troika Dialog.

Des perspectives positives

Les ventes aussi ont été affectées par un accident dans une centrale nucléaire japonaise. Il s’agit des fuites, intervenues à la mi-juillet, d’environ 90 tonnes d’eaux radioactives de la centrale de Tsuruga. Cet événement, sans conséquences pour la santé publique, a néanmoins aussitôt entraîné l’arrêt temporaire du réacteur.

Enfin, le marché a mal réagi à l’annonce par le département américain à l’Energie (DoE) de la mise en vente désormais imminente de 8 lots de 200 tonnes au total (soit 500.000 livres) d’uranium naturel issues de ses réserves stratégiques. Le DoE a dérouté les opérateurs en déclarant que les ventes étaient à tous prix, provoquant ainsi « de possibles troubles de la balance déjà bien complexe entre acheteurs et vendeurs », jugent les experts moscovites.

Enfin, certains électriciens se sont temporairement retirés du marché dans la tentative de résister à la pression haussière des cours.

Dans ce contexte globalement moins favorable à l’offre, quelques petits producteurs tentent de commercialiser leurs produits à des prix inférieurs aux cours moyens du marché afin de boucler leurs comptes trimestriels ou d’assurer leurs équilibres de bilan. Inversement, les majors du secteur ont cessé de vendre leur produit au comptant, pressentant un déclin de la demande, complètent les spécialistes de Troika Dialog.

Les ventes au comptant, dont on tire les cours de référence de l’uranium naturel, ne représentent que 10 % à 12 % du total, la plupart des ventes étant réalisées dans le cadre de contrats directs de long terme entre producteurs et acheteurs. Sur longue période, les cours spot dépassent ceux de long terme de 1 à 2 dollars la livre en moyenne. Or, au deuxième trimestre, la prime au marché au comptant s’est envolée, dépassant les 40 dollars la livre, alors que les prix de long terme campaient autour de 95 dollars la livre. La chute des cours spot est en passe de corriger cette anomalie.

Dans un contexte commercial qui s’apaise, les entreprises consommatrices reviennent aux accords directs avec leurs fournisseurs. D’où la fermeté des prix fixés dans ce cadre. Quant au marché au comptant, il devrait mobiliser cette année beaucoup moins de matériel (20 millions de livres) qu’en 2006 (330 millions). Au total, notent les experts de Deutsche Bank, les perspectives de long terme des prix de l’uranium naturel restent positives, « reflétant le mouvement général vers l’énergie nucléaire et la persistance attendue d’une situation de déficit de l’offre jusqu’en 2009 ».

 

Source Les Echos

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