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Pétrole : le déclin de la mer du Nord s’accélère malgré l’afflux d’investissements août 13, 2007

Posted by starbucker in Pétrole.
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Depuis 2000, la production européenne de brut ne cesse de baisser. En 2006, les pétroliers ont augmenté fortement leurs investissements pour freiner le mouvement. Sans succès, en raison notamment des problèmes techniques qui se multiplient.

La production de la Grande-Bretagne et de la Norvège s’éloigne chaque jour davantage du pic de 6,1 millions de barils atteint en 1999.

C’était à la fin juin. La mer du Nord était prise, une fois de plus, dans la tempête. Involontairement, un navire non identifié a accroché avec son ancre un pipeline sous-marin, et sérieusement endommagé la structure de béton qui le protégeait. BP, qui exploite cette installation, l’a immédiatement mise hors service. Inspections détaillées. Au bout d’un mois, le verdict tombe : il faut entreprendre une réparation lourde. L’ouvrage, qui achemine 20 % du gaz de Grande-Bretagne ainsi qu’une partie de son pétrole, ne redémarrera pas avant septembre. Résultat, la production pétrolière britannique doit baisser de près de 100.000 barils par jour, soit 6 %, pour une durée d’au moins deux ou trois mois…

Des pépins de ce type, la mer du Nord en connaît de plus en plus. Au point que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’en alarme dans son dernier rapport, publié vendredi. A cause des problèmes techniques qui se multiplient, « l’augmentation des investissements a de plus en plus de mal à se traduire par une hausse du nombre de barils produits », souligne l’agence, qui dépend de l’OCDE.

C’est même l’inverse. Ces dernières années, les pétroliers ont accru leurs dépenses d’exploration-production en mer du Nord de plus de 10 % par an. Le débit, lui, a poursuivi le recul amorcé depuis 2000. A 4 millions de barils par jour, la production de la Grande-Bretagne et de la Norvège s’éloigne chaque jour davantage du pic de 6,1 millions de barils atteint en 1999. Et le mouvement tend plutôt à s’accélérer. Selon l’agence, qui rejoint les estimations des géologues dits pessimistes, la production devrait tomber dans cinq ans à 3 millions de barils par jour.

Réserves largement exploitées

Constatant que depuis trois ans, les volumes extraits de la mer du Nord sont systématiquement inférieurs à leurs prévisions, les experts de l’AIE ont d’ailleurs révisé leur méthodologie le mois dernier, pour mieux prendre en compte les difficultés techniques qui accentuent le phénomène.

Parfois, il s’agit d’accidents difficiles à anticiper. Il y a encore dix jours, un cargo qui naviguait de Lubeck vers l’Angleterre a heurté violemment Viking Echo, une plate-forme gazière. Le navire a coulé. Le capitaine polonais, apparemment soûl, doit comparaître aujourd’hui devant la justice. Quant à la plate-forme endommagée, exploitée par ConocoPhillips, elle a cessé toute production, et ne devrait pas redémarrer tout de suite…

Plus fondamentalement, l’Europe est la zone du globe où le déclin pétrolier est le plus clairement amorcé, les réserves ayant déjà été largement exploitées. Conséquence : « Les grands opérateurs tendent à quitter les zones matures de ce type, pour se concentrer sur des régions plus prometteuses », écrivent les spécialistes de l’AIE. Les équipements vieillissants deviennent plus vulnérables. Et les réparations prennent davantage de temps.

Une situation qui risque de s’aggraver encore, s’inquiète l’AIE, dans la mesure où les investissements en exploration et production en mer du Nord semblent en passe de refluer. En Grande-Bretagne, ils pourraient baisser de 10 % dès cette année, et encore plus en 2008, selon l’association des producteurs pétroliers et gaziers. Les autorités norvégiennes, elles, anticipent une chute de 25 % l’an prochain.

 

Source Les Echos

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