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Le gazoduc sous la Baltique fait face à des difficultés techniques et diplomatiques août 10, 2007

Posted by starbucker in Allemagne, Gaz, Gazoduc, Russie.
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En principe, c’est à partir de 2011 que les foyers allemands devaient commencer à recevoir du gaz naturel en provenance de Wyborg, un port russe situé sur la Baltique. Déjà alimentée en gaz russe grâce aux pipelines Jamal et Transgas (voir carte), la première puissance de l’Union européenne compte beaucoup sur l’achèvement de cet ouvrage de 1.200 kilomètres pour compléter un approvisionnement énergétique de plus en plus dépendant de l’étranger du fait du démantèlement du parc de ses centrales nucléaires. Un ouvrage dont le coût est estimé à au moins 5 milliards d’euros, sans compter les autres 5 milliards d’euros nécessaires pour la mise en place des extensions, à partir de Greifswald (Mecklembourg-Poméranie), vers Brême (NEL) et Waidhaus (Opal).

Jamalgazinvest, la filiale de Gazprom en charge de la construction de ce gazoduc, et Wingas, une filiale du groupe allemand BASF, chargée d’exploiter le futur gazoduc sous la Baltique, rencontrent un certain nombre de difficultés techniques. Il faut en effet plus de 400 jours pour « enfouir » dans la Baltique le pipeline-gazoduc. Pour aller un peu plus vite, le groupement russo-germanique envisageant de louer une deuxième plate-forme. Mais il se trouve qu’il n’existe de par le monde que 4 plate-formes alors que de nombreux autres projets de gazoduc off-shore existent à l’heure actuelle.

Schröder, le conciliateur

Il est donc probable que ce que Berlin appelle « le grand projet énergétique européen » prenne du retard. Pour que les travaux démarrent comme prévu début 2009, il faudrait en effet que la société germano-russe Nord-Stream AG ait reçu d’ici à la mi-2008 les autorisations des neuf pays riverains concernés. Or les pays nordiques (Finlande, Suède et Danemark) et la Pologne font de la résistance.

Les Finlandais suggèrent notamment que le futur pipeline passe un peu plus au sud, la Baltique y étant plus profonde. Pour leur part, les Suédois affirment que le tracé actuel menacerait une réserve d’oiseaux protégés au sud de l’île de Gotland. Les Danois rappellent que les abords de l’île de Bornholm sont dangereux, de nombreuses munitions chimiques ayant été coulées à cet endroit par l’armée allemande à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Quant aux dirigeants de Varsovie, pour simplifier, ils proposent l’abandon de ce projet sous la Baltique au profit de la construction d’un gazoduc on-shore passant sur le territoire polonais. Une solution qui aurait le double avantage pour la Pologne de lui valoir des royalties et de lui garantir une source d’approvisionnement énergétique. Mais pour le moment, les autorités polonaises s’efforcent surtout de retarder le plus possible les travaux de construction et surtout l’approvisionnement des foyers de plusieurs pays européens en gaz naturel « made in Russia ».

L’ancien chancelier allemand social-démocrate Gerhard Schröder, qui préside depuis près de deux ans le comité des actionnaires de Nord-Stream, a été plus ou moins mandaté pour jouer les conciliateurs et essayer de rassurer les pays riverains de la Baltique qui ne voient pas cet ouvrage d’un très bon oeil.

Toujours est-il qu’en dépit de ces difficultés technico-diplomatiques, ce futur gazoduc est un véritable succès commercial. Gazprom, qui contrôle 51 % du capital de la société commune créée avec BASF et E.ON, a déjà précommercialisé plus de la moitié des 27,5 milliards de m3 de gaz acheminés depuis Wyborg, près de Saint-Pétersbourg. Sans, bien sûr, pouvoir fixer une date précise aux principaux pays-clients : Allemagne, Danemark, France…

 

Source Les Echos

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