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Areva dans les starting-blocks pour profiter de l’ouverture du marché du nucléaire indien août 10, 2007

Posted by starbucker in France, Inde, Nucléaire.
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Après l’accord qui vient d’être signé avec les Etats-Unis, l’Inde va enfin pouvoir faire appel à des technologies nucléaires étrangères. Areva a entamé des discussions pour fournir des réacteurs. GE, Westinghouse et les industriels russes sont aussi sur les rangs.

Après la Chine, un nouveau marché majeur est en passe de s’ouvrir pour les constructeurs internationaux de centrales nucléaires : l’Inde. Areva, le groupe français leader mondial du secteur, a d’ores et déjà entamé des « échanges préliminaires » avec des partenaires sur place, notamment l’entreprise publique Nuclear Power Corp. of India Limited (NPCIL) et la filiale électrique du conglomérat Tata, pour leur fournir des réacteurs. En particulier l’EPR, son dernier-né. Ses trois grands rivaux General Electric, Westinghouse et Rosatom sont également sur les rangs. Tous avec de sérieux espoirs. Car chacun de ces quatre grands industriels pourrait décrocher des contrats évalués à 3,5 milliards de dollars, a indiqué S. K. Jain, patron de NPCIL et, à ce titre, grand ordonnateur de la politique nucléaire indienne, dans un entretien à l’agence Bloomberg diffusé hier.

Depuis l’explosion de sa première bombe atomique, en 1974, l’Inde était devenue un « paria nucléaire ». N’étant pas signataire du traité de non-prolifération, le pays ne pouvait acquérir à l’étranger ni technologies nucléaires, ni uranium. C’est donc en solo que, depuis trente-trois ans, il a mis en place son programme nucléaire civil. Mais il est désormais en voie de sortir de cet isolement.

Vendredi dernier, après plusieurs années de tractations, l’Inde a en effet signé un accord de coopération avec les Etats-Unis dans le nucléaire civil. Selon cet « accord 123 », d’une durée de quarante ans, le pays pourra enfin faire appel à des technologies nucléaires américaines, sans pour autant renoncer à l’arme atomique ni adhérer au traité de non-prolifération. Une révision politique acceptée par Washington pour que New Delhi soutienne ses plans de lutte contre le terrorisme.

L’affaire n’est pas encore bouclée. L’« accord 123 », long de 22 pages, doit encore être approuvé par le Congrès américain ainsi que par le Parlement indien, où l’opposition a fait part ces jours-ci de son hostilité au projet. Il faut aussi un feu vert du groupe des pays fournisseurs de nucléaire, qui compte 45 membres.

Accord en vue avec la France

Mais le mouvement d’ouverture semble bien lancé. Car l’Inde a déjà signé en janvier un accord similaire avec la Russie. Et des négociations en vue d’un texte bilatéral du même type ont lieu avec la France. Avec en ligne de mire l’un des plus grands marchés au monde. L’Inde, dont l’industrie en pleine croissance souffre des pannes de courant à répétition, est décidée à investir massivement dans le nucléaire, qui ne fournit encore que 2,5 % de son électricité. Le plan officiel, « Vision 2020 », vise à porter la puissance installée de 3.800 mégawatts aujourd’hui à 20.000 mégawatts en 2020. Aux six réacteurs déjà en chantier, l’Inde prévoit d’en ajouter une petite vingtaine.

Le patron de NPCIL réfléchit déjà aux futurs appels d’offres. « Pour commencer, nous lancerons des appels pour installer deux réacteurs de 1.000 mégawatts sur chacun des quatre sites que nous visons », dans les Etats du Gujarat, de l’Andhra Pradesh, de l’Orissa et du Bengale-Occidental, a-t-il déclaré. Soit un total de 8.000 mégawatts. « Il n’y a que quatre types de réacteurs qui correspondent à ce que nous voulons », a précisé S. K. Jain : l’AP 1.000 de Westinghouse (désormais filiale de Toshiba), l’ABWR de General Electric, le VVR 1.000 russe, et le réacteur d’Areva.

« L’Inde va vouloir diversifier ses fournisseurs, et il est hautement probable que tous les quatre obtiendront des contrats », estime Mikhail Stiskin, analyste chez Troika Dialog.

De quoi réjouir Anne Lauvergeon, la patronne d’Areva, qui espère fournir aussi à ce pays des services nucléaires, notamment en matière de retraitement et de recyclage de l’uranium. « Tout cela n’a donc rien d’anecdotique », confirme-t-on au siège du groupe.

De l’uranium au thorium

Disposant de peu d’hydrocarbures, l’Inde a mis au point un ambitieux plan de développement nucléaire en trois phases.La première utilise l’uranium naturel, que l’Inde possède mais en quantité limitée, pour alimenter des centrales classiques. Le combustible usé est retraité pour récupérer du plutonium.La phase 2, encore embryonnaire, vise à utiliser ce plutonium comme combustible dans des surgénérateurs. Un premier est en cours de construction.A long terme, l’Inde envisage une troisième phase où les réacteurs fonctionneraient largement à partir de thorium, une matière radioactive dont l’Inde détient environ 25 % des réserves mondiales.

 

Source Les Echos

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