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Malgré la violence, le pétrole nigérian attire. août 9, 2007

Posted by starbucker in Nigéria, Pétrole.
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Les compagnies pétrolières ne renoncent pas à investir dans le Delta du Niger, au sud du Nigéria, malgré les enlèvements réguliers de leurs employés.La nouvelle n’a pas provoqué d’émotion particulière : un employé de la compagnie pétrolière française Total a été enlevé, mardi dernier, dans le Delta du Niger, au sud du Nigéria. Une région riche en or noir, qui fait du Nigéria le premier exportateur de pétrole du continent africain et le 5e producteur mondial. Depuis janvier 2006, près de 200 expatriés travaillant dans le secteur pétrolier ont été enlevés. Pratiquement tous sont relâchés au bout de quelques semaines. Si l’otage est un Occidental, les prix montent : « Ce n’est pas qu’on veut systématiquement enlever des blancs, mais la vérité est que les noirs ont moins de valeur comme otages », selon l’un des chefs d’un des groupes militants du Delta.

Dans cette région de rivières, de marais et de forêts tropicales, la violence est endémique et la rébellion gronde. Le Mouvement d’émancipation du Delta du Niger (Mend) forme la guérilla la plus puissante de la région, dont le but est de parvenir au contrôle des ressources pétrolières.

Pertes de 1,3 milliard de dollars par mois

Le vol d’équipements et le siphonnage des oléoducs sont aussi monnaie courante. Si bien qu’en 2006, le Nigéria a « perdu, en moyenne, 1,3 milliard de dollars par mois » (940 millions d’euros), selon un rapport de la filiale nigériane de Shell. Les exportations d’or noir nigérian sur le marché international sont régulièrement amputées de 25 %.

Pour autant, les compagnies pétrolières ne renoncent pas à investir. Le pétrole nigérian est d’excellente qualité et l’un des plus faciles à exploiter au monde : seulement 5 % des forages n’obtiennent aucun résultat. Le forage se fait bien à l’abri dans des « complexes pétro-sécuritaires », gardés par des sociétés militaires privées, avec le soutien des forces de l’ordre locales.

Les autorités nigérianes ont tout intérêt à protéger les compagnies pétrolières. La compagnie nationale du pétrole ( Nigeria National Petroleum Corporation) est majoritaire – à hauteur de 55 à 60 % – parmi les multinationales du pétrole installées dans le pays. Le Nigéria étant l’un des pays les plus corrompus au monde, l’argent qui transite par la NNPC arrose tous les niveaux administratifs et militaires du pays, garantissant une certaine stabilité des élites au pouvoir. Le président Umaru Yar’Adua, premier président du Nigéria qui ne soit pas issu de l’armée, a été élu en avril 2007, après des élections entachées de fraudes. Il a promis de lutter contre la corruption. Une tâche ardue : comment envisager qu’un gouvernement arrête de financer ses clientèles si cela doit entraîner sa chute ?

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