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GDF-Suez : la fusion est la meilleure option juillet 26, 2007

Posted by starbucker in France, Gaz.
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Le projet de fusion GDF-SUEZ n’est plus maintenant qu’une option parmi d’autres, et le président de Gaz de France a été prié de bien vouloir réfléchir dans les six mois à toutes les options possibles. Voilà deux grands groupes industriels qui, depuis dix-huit mois, ne peuvent sérieusement bâtir une stratégie à long terme alors que le paysage énergétique mondial et européen évolue à toute allure. Il est frappant de constater qu’en quelques mois un électricien de taille moyenne historiquement centré sur l’Espagne comme Iberdrola a, par deux acquisitions successives, pris des positions clés sur les marchés britannique et américain en accroissant la capacité installée de son parc électrique de plus de 25 %. Alors qu’il était de taille plus modeste, Iberdrola dispose aujourd’hui d’un parc européen de taille sensiblement équivalente à celui de Suez. Le projet Suez-GDF ne date pas d’hier.

Il convient de garder en mémoire que les premières esquisses d’un rapprochement entre les deux entreprises remontent à plusieurs années. Cette convergence sur une vision commune de l’avenir est en tout cas bien antérieure à l’intervention d’Enel, qui n’a fait que déclencher la mise à jour d’un projet, dès lors tenu pour défensif, mais qui l’avait de loin précédée. Il faut rappeler que ce projet constitue avant tout une réponse industrielle aux enjeux majeurs auxquels sont confrontés les deux groupes : Une mutation accélérée des équilibres gaziers au profit des producteurs qui sont aujourd’hui en situation d’arbitrer entre les différents marchés, tant en terme de disponibilité du gaz que de prix consentis aux opérateurs. Du fait de l’extrême concentration des opérateurs de l’amont, une négociation équilibrée n’est envisageable que si les distributeurs disposent d’une masse critique suffisante. Un durcissement de la compétition paneuropéenne avec des rapprochements majeurs réalisés entre des concurrents des deux groupes qui, s’ils devaient se poursuivre, porteraient un risque de marginalisation : renforcement d’EDF en Italie, expansion d’ E.ON et d’Enel à travers l’acquisition d’Endesa, acquisition de Scottish Power par Iberdrola. Dès lors, il n’est guère contestable que le regroupement de Suez et GDF peut être considéré comme une opération gagnant-gagnant. En effet : La fusion de Suez et de GDF ne peut que conforter la sécurité d’approvisionnement de notre pays et accroître la force de frappe française dans la négociation des achats de gaz et l’établissement de partenariats équilibrés avec les acteurs de l’amont gazier. La puissance financière de la nouvelle entité facilitera une stratégie en amont de production propre et donnera de l’ampleur au formidable potentiel que représente le développement du gaz naturel liquéfié (GNL). Par ailleurs, dans un contexte dans lequel la quasi-totalité des groupes majeurs du secteur de l’énergie produit et vend à la fois de l’électricité et du gaz, ce projet place notre pays dans le peloton de tête des grands groupes européens d’énergie avec l’émergence, aux côtés d’EDF, de Total et d’Areva, d’un nouveau « poids lourd » français du secteur. Il est d’ailleurs frappant de constater que le positionnement traditionnel de GDF constitue une forme d’exception et on peut s’interroger sur la pérennité de celle-ci dans le paysage énergétique européen. En effet, il n’existe plus en Europe continentale d’acteur purement gazier qui ne soit adossé à un groupe pétrolier ou à un électricien. Rappelons en outre que cette opération industrielle d’envergure présente l’immense intérêt d’ouvrir de nouvelles perspectives de développement pour les salariés des deux groupes. Elle s’inscrit par ailleurs pleinement dans le respect des engagements de service public souscrits par les deux entreprises. C’est enfin une construction qui doit demeurer résolument ouverte d’une part sur l’Europe, d’autre part sur la Méditerranée. Au moment même où la relance de l’Europe emprunte aussi la voie de l’interface entre l’énergie et l’environnement, et où le projet d’Union méditerranéenne appelle un contenu concret, il y a là une double actualité dont personne ne saurait sous-estimer l’importance. Les options alternatives devraient être très soigneusement étayées. * Respectivement, professeur à l’université de Paris-I (Panthéon-Sorbonne) et président du Conseil d’analyse économique, et professeur à l’université de Paris-Dauphine et membre du Conseil d’analyse économique.

 

Source Le Figaro

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