L’Inde en crise après l’accord nucléaire avec les Etats-Unis août 22, 2007
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Le gouvernement joue sa survie face à la rébellion contre le traité indo-américain.
Un parlement indien survolté, une bourse de Bombay qui baisse de 3% mardi en raison de turbulences politiques. Depuis quelques jours, le gouvernement indien traverse une grave crise qui pourrait le faire chuter. Objet du contentieux opposant le gouvernement aux quatre partis de gauche qui soutiennent la coalition gouvernementale: l’accord de coopération dans le domaine du nucléaire civil conclu par l’Inde et les Etats-Unis à la fin de juillet. Pour les communistes indiens, l’accord est un coup de canif dans la souveraineté de l’Inde.
Etat paria réhabilité
L’accord conclu apparaît pourtant comme une mini-révolution qui normalise le statut nucléaire de l’Inde. Mais il fâche. La Chine exerce un lobby intensif au sein des Nations unies pour l’invalider. Possédant une quarantaine de têtes nucléaires, mais n’ayant pas adhéré au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), New Delhi était au ban de la communauté internationale depuis 1974 quand il procéda au premier test nucléaire. L’Inde enfonça le clou en 1998, au même titre que le Pakistan, en effectuant un nouveau test. Aujourd’hui, le premier ministre Manmohan Singh qualifie l’accord de juillet d’«historique». Et pour cause. Il réhabilite un Etat paria pendant plus de trente ans.
L’Inde, qui dispose de 14 réacteurs opérationnels et qui en construit neuf autres, est autorisée à importer du combustible et la technologie nécessaire à son programme nucléaire civil. Elle peut aussi retraiter le combustible déjà utilisé, mais à condition que cette opération s’effectue sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Washington est par ailleurs prêt à laisser l’Inde constituer une réserve stratégique de combustible nucléaire. Une clause importante si l’on songe que l’Australie vient de s’engager à vendre de l’uranium (dont les réserves sont les plus grandes du monde) à l’Inde. En contrepartie, le gouvernement indien doit promettre de ne pas transférer la technologie nucléaire livrée par les Américains à des Etats tiers.
Le document ne dit en revanche rien sur le «moratoire unilatéral» de l’Inde sur les essais nucléaires. Manmohan Singh a profité de ce flou. Il a déclaré que son pays ne se sentait pas contraint par l’accord indo-américain de renoncer à de tels tests, provoquant la colère du Pakistan qui menace de procéder à des essais similaires. Toutefois, la loi américaine impose à la Maison-Blanche d’interrompre toute livraison de combustible si New Delhi effectue un test nucléaire. Dans ce cas, Washington, qui veut contrôler la filière d’approvisionnement de l’Inde, pourrait se charger de trouver d’autres sources pour New Delhi.
Pour l’Inde, l’intérêt de l’accord est manifeste: rester un Etat paria l’aurait isolée et privée d’accès à la technologie nucléaire. Il lui permet aussi de s’affirmer face à la Chine et son allié, le Pakistan, soupçonné de soutenir le terrorisme en Afghanistan et au Cachemire.
Les intérêts américains
Pour les Etats-Unis, principal promoteur jusqu’ici du régime de non-prolifération, l’accord de coopération nucléaire est un tournant qui indispose une partie des démocrates du Congrès. Plusieurs facteurs semblent expliquer ce changement stratégique. Par un renforcement des relations indo-américaines, Washington peut espérer atteindre ce qu’il n’a jamais réussi durant la Guerre froide: avoir une vraie prise sur l’Asie du Sud. Empêtrés en Irak, les Etats-Unis voient de façon croissante les limites de leur «triomphalisme unipolaire». La Russie est de retour au premier plan et continue de fournir à l’Inde du matériel militaire. L’accord indo-américain permet à Washington de ne pas être exclu de ce marché. Il permet aussi de contrecarrer la montée en puissance de la Chine.
Professeur à l’Harvard Kennedy School of Government, Ashton Carter défend, dans le dernier numéro de Foreign Affairs, le revirement américain: «Washington a fait des concessions sur le front nucléaire, mais a obtenu beaucoup plus sur d’autres fronts. Il a cherché la coopération de l’Inde pour aider les Etats-Unis à affronter les défis que sont un Iran menaçant, un Pakistan turbulent et une Chine imprévisible.» Cet «axe» indo-américain se renforcera par des manœuvres navales conjointes sans précédent en septembre prochain dans la baie du Bengale.
Jimmy Carter ne partage pas cet optimisme. Dans le Washington Post, l’ex-président américain estime que l’accord avec l’Inde «ouvre la boîte de Pandore de la prolifération nucléaire». Sharon Squassoni non plus. Dans le Herald Tribune du 16 août, cet expert du Carnegie Endowment for International Peace craint deux effets: infléchir les règles du TNP pour faire plaisir à son ami indien tout en fustigeant ses adversaires (Iran) pousse le reste du monde à «perdre confiance aussi bien dans les règles que dans les Etats-Unis».
Source Le Temps
Hugo Chavez vend du carburant à Londres août 22, 2007
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Un accord entre Londres et le Venezuela va réduire le prix des tickets de bus.
Plus de 250000 Londoniens pourraient bénéficier de la réduction du prix des billets de bus grâce à l’accord de principe conclu entre le maire de Londres Ken Livingstone et le président vénézuélien Hugo Chavez.
Le contrat a été conclu en février dernier avec la compagnie vénézuélienne de pétrole. Selon des estimations, le prix du carburant pour les bus de la ville baissera d’environ 20% en rapport au prix mondial du pétrole évalué deux fois par an. Londres devrait ainsi gagner environ 16 millions de livres sterling sur ses 100 millions annuels de carburant nécessaire aux quelque 800 bus de la capitale britannique. Avec ces économies, Ken Livingstone a annoncé un plan de baisse du prix des billets de moitié pour les Londoniens à bas revenu recevant déjà des aides financières de la part de l’Etat. Le revenu faisant office de seuil pour les allocations est de 83 livres sterling par semaine.
L’accord permettra aux habitants «d’aller plus facilement et à moindre frais dans leur ville et d’obtenir ainsi le meilleur de Londres» a déclaré Ken Livingstone.
La nouvelle ne fait cependant pas l’unanimité au sein des dirigeants londoniens. Angie Bray, du parti conservateur, décrit Hugo Chavez comme «un dictateur avec un très mauvais bilan en matière de droits de l’homme», ajoutant qu’«il est moralement indéfendable de prendre du carburant vénézuélien à prix réduit».
Pas d’augmentation de la consommation
Le maire travailliste voit la chose d’un meilleur œil: «L’accord va aussi être bénéfique pour les Vénézuéliens, en leur fournissant des expertises dans les secteurs de gestion de ville où Londres est un leader mondial, comme les transports publics, le développement urbain, le tourisme et la protection de l’environnement.» Le maire a ajouté que l’arrangement n’amènera aucune augmentation de consommation de pétrole de la flotte d’autobus de Londres et donc aucune augmentation des émissions de carbone.
Les Londoniens profitant de l’opération devront apporter une preuve de leur statut à un bureau de poste pour recevoir une carte de réduction spéciale.
Le Venezuela a les plus grandes réserves pétrolières des Amériques, et son président socialiste est le critique le plus féroce de l’administration Bush en Amérique latine.
Source Le temps
Avis de tempête spéculative sur l’uranium août 22, 2007
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Le cours spot de cette matière première a plongé d’un tiers depuis juin. Les actions des groupes miniers cherchant ou produisant le combustible nucléaire s’effondrent de concert.
L e prix de l’uranium pourrait encore doubler à 250 dollars la livre [450 grammes] l’an prochain ”, promettait le patron d’Uranium One, société aurifère sud-africaine reconvertie dans l’extraction de combustible nucléaire. C’était il y a trois mois. Les cours de l’oxyde d’uranium - le yellowcake - livrable immédiatement doublaient depuis six mois pour atteindre dix fois le niveau affiché en 2002. Même au sein de leurs approvisionnements pluriannuels, les centrales électriques étaient forcées d’accepter des conditions cinq fois moins favorables qu’au début de la décennie.
Attirés par la perspective d’un déficit durable de combustible - les projets de centrales poussent comme des champignons alors que, deux décennies durant, l’exploration de nouveau gisements a été abandonnée - les spéculateurs s’étaient rués sur tout ce qui ressemblait à de la poudre jaune. Aujourd’hui, La bulle explose. Après un mois d’une crise qui a touché l’ensemble des marchés financiers, les positions spéculatives sur l’uranium ont été les premières abandonnées. L’uranium ” spot ” s’est déprécié d’un tiers en moins de deux mois. Sur le compartiment ouvert au printemps par le Nymex - l’immense marché des produits énergétiques - les contrats perdent 40 % depuis début août.
PURGE DES EXCES
Sur la Bourse de Toronto ou de Sydney, la cote des groupes miniers chargés de l’extraction du précieux minerai connaît un sort ” digne de l’effondrement des valeurs Internet [en 2001] ”, avertit le site Mineweb. Les actions du géant canadien Cameco plongent de 17 % depuis début juin, celles d’Uranium One de 31 %. Un “ explorateur ” comme l’australien Eromanga perd trois cinquièmes de sa capitalisation. La valeur de la plupart de ces sociétés demeure cependant supérieure à celles affichée un an plus tôt. La débandade touche les structures spéculatives gérant des entrepôts de yellowcake : à Londres, les actions de Nufcor dévissent de 40 %. La purge de ces excès - qui montrent que les prix s’étaient depuis longtemps ajustés à la pénurie - ne fait pas que des perdants. Le dégonflement de la valeur des mines est finalement une bonne nouvelle pour les géants du nucléaire, qui, à l’instar d’Areva ou de Toshiba, sont à l’affût de nouveaux gisements.
Source La tribune
Avide d’énergie, l’Inde réanime le projet de gazoduc transafghan août 22, 2007
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Le Turkménistan, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde finalisent ce projet qui relève du mythe.
Depuis quelques semaines déjà, la presse pakistanaise s’en faisait l’écho : le Turkménistan, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde doivent se rencontrer aujourd’hui et demain à Islamabad afin de “ finaliser ” un accord-cadre portant sur un projet de gazoduc (Tapi) transafghan qui semblait relever du mythe. Ce pipeline transporterait le gaz enfoui dans les gisements de Daulatabad, au sud-est du Turkménistan, pour alimenter le Pakistan et surtout le grand marché indien. Au menu des discussions des quatre délégations, figurera la question de la sécurité en Afghanistan, mais aussi le prix du gaz et son allocation entre les deux pays récipiendaires.
Maintes fois évoqué et maintes fois abandonné, l’ambitieux projet “ Tapi ”, qui s’étirerait sur 1.435 kilomètres, pourrait transporter 30 milliards de mètres cubes par an et représenterait un investissement de 4 milliards de dollars, est loin de convaincre tous les experts. En 1995, de grandes pétrolières dont l’américaine Unocal s’étaient attelées au projet. Mais l’attaque américaine contre les talibans en 2001 a tout bouleversé. Il a fallu attendre l’année suivante pour que le projet ressuscite, poussé par la Banque asiatique de développement (BAD) qui y voit le moyen de créer un pôle d’activité, des emplois et un début de coopération dans cette région déshéritée et déchirée.
APPUI DES ETATS-UNIS
Le projet aurait aussi l’appui des Etats-Unis qui voit en “ Tapi ” une façon de torpiller le projet de gazoduc “ IPI ” auquel travaillent l’Inde, le Pakistan et l’Iran, un pays sous embargo américain. “ Je serai surpris que le projet Tapi débouche rapidement. Il nécessite une amélioration massive de la sécurité le long de son parcours ”, commentait hier Dan Simmons, de l’Agence internationale de l’énergie.
Reste que, selon la BAD, l’entrée en scène de l’Inde rend le projet commercialement viable. Sixième consommateur d’énergie dans le monde, l’Inde est très dépendante de ses importations énergétiques. Elle pourrait voir passer ses achats de pétrole de plus de 70 % de sa consommation à 90 % d’ici à quinze ans en raison de la vigueur de sa croissance. Le pays recourt massivement au charbon et deviendra sous peu l’un des principaux pollueurs du monde. Aussi, le gouvernement veut augmenter la part du gaz, moins polluant. Il ne représente actuellement que 10 % de ses sources d’énergie.
Source La tribune
La Russie critique le projet de gazoduc de la Caspienne août 22, 2007
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Le premier vice-ministre russe des Affaires étrangères Andreï Denissov a critiqué le projet de construction d’un gazoduc à travers la mer Caspienne et appelé à ne pas politiser les projets énergétiques dans la région, dans un entretien publié mercredi par le quotidien Vremia Novosteï.
“Il y a des tentatives de construire un gazoduc à travers la mer Caspienne”, a déclaré Andreï Denissov au journal russe.
“Non seulement il existe des problèmes naturels (dans cette région), comme un relief accidenté du fond ou une zone sismique. Mais pourquoi le faire, s’il y a des trajets de livraison moins chers?”, a-t-il poursuivi.
M. Denissov a notamment mentionné le projet Nabucco, soutenu par les Etats-Unis et l’Union européenne, de construire d’ici 2012 un gazoduc de 3.300 km afin d’approvisionner l’Europe occidentale en gaz de la mer Caspienne en contournant la Russie.
Selon le haut-responsable russe, “toute politisation a un prix concret s’élevant à quelques millions ou milliards de dollars, car elle complique la réalisation du schéma optimal de la livraison d’énergie dans la région”.
“Personne ne peut répondre à présent de quel gaz sera rempli le projet Nabucco”, a dit le diplomate russe.
Selon lui, les lobbyistes de Nabucco ne cachent pas que l’objectif principal de ce projet est de construire un gazoduc qui “éviterait la Russie”.
“La Russie n’est pas contre une concurrence économique saine dans le domaine énergétique”, a estimé M. Denissov.
“Mais c’est tout à fait autre chose quand on fixe consciemment l’objectif de pousser un certain pays hors de schémas de coopération, parce qu’on ne l’aime pas pour des raisons purement politiques”, a-t-il poursuivi, estimant toutefois qu’une fois réalisés, de tels projets ne porteront pas de préjudice significatif aux intérêts de Moscou.
Le nouveau gazoduc, qui pourrait transporter jusqu’à 30 milliards de m3 de gaz par an, contribuerait à réduire la dépendance de l’Europe occidentale vis-à-vis de la Russie. La Commission européenne estime que 10 à 15% du gaz utilisé dans l’UE viendra de la région de la Caspienne d’ici à 2025.
Source AFP
